En bref : Les non-conformités Qualiopi désignent tout écart entre les pratiques d’un organisme de formation et les exigences du Référentiel National Qualité (RNQ). Elles sont constatées lors des audits et peuvent bloquer la certification. Les critères 1, 2 et 6 concentrent la majorité des écarts relevés par les organismes certificateurs.

Définition : Une non-conformité Qualiopi est un manquement documenté à l’un des 32 indicateurs du Référentiel National Qualité, le référentiel opposable à tout organisme souhaitant obtenir ou renouveler la certification Qualiopi — certification rendue obligatoire pour accéder aux fonds publics et mutualisés de la formation professionnelle (OPCO, CPF, etc.).

Qualiopi s’articule autour de 7 critères et 32 indicateurs. Lors de chaque audit (initial, de surveillance ou de renouvellement, sur un cycle de 3 ans), l’auditeur mandaté par un organisme certificateur accrédité COFRAC relève les écarts sous deux formes : la non-conformité majeure (bloquante) et la non-conformité mineure (à lever dans un délai fixé). Comprendre lesquelles sont les plus fréquentes permet d’anticiper et de préparer un dossier solide.


Qu’est-ce qu’une non-conformité majeure ou mineure dans le cadre de Qualiopi ?

Une non-conformité majeure correspond à l’absence totale ou quasi-totale de réponse à un indicateur, ou à un écart systémique qui compromet la qualité des prestations. Elle empêche l’obtention ou le maintien de la certification. Une non-conformité mineure est un écart partiel ou ponctuel, corrigible sous délai, qui n’invalide pas à lui seul la certification.

Les deux niveaux d’écart en pratique

Type d’écart Définition Conséquence sur la certification Délai de correction
Non-conformité majeure Absence ou défaillance systémique sur un indicateur Certification refusée ou suspendue Correction exigée avant décision finale
Non-conformité mineure Écart partiel, preuve insuffisante ou pratique incomplète Certification possible sous réserve de levée Délai fixé par l’organisme certificateur
Point sensible Pratique existante mais perfectible Sans impact immédiat, surveillance au prochain audit Recommandation d’amélioration


Quelles sont les non-conformités Qualiopi les plus fréquentes par critère ?

Les critères 1 (information des publics), 2 (identification des objectifs et adaptation des prestations) et 6 (investissement du prestataire dans son environnement) génèrent le plus grand nombre d’écarts. Le critère 7 (recueil des appréciations) et le critère 4 (adéquation des moyens) complètent ce classement.

Critère Intitulé synthétique Non-conformités typiques Niveau de risque
Critère 1 Information du public sur les prestations Informations tarifaires ou prérequis absents/incomplets sur le site ou les supports commerciaux Élevé
Critère 2 Identification et adaptation des objectifs Absence de positionnement préalable, pas de personnalisation des parcours, objectifs non formalisés Très élevé
Critère 3 Adaptation aux publics bénéficiaires Pas de prise en compte du handicap (référent handicap absent ou non formé) Moyen
Critère 4 Adéquation des moyens pédagogiques et d’encadrement CV formateurs non versés au dossier, absence de fiche de poste ou de procédure de recrutement Élevé
Critère 5 Qualification et développement des compétences du personnel Pas de plan de développement des compétences formalisé pour les formateurs Moyen
Critère 6 Inscription et veille dans l’environnement professionnel Absence de traçabilité de la veille réglementaire et sectorielle, pas de preuves datées Élevé
Critère 7 Recueil et prise en compte des appréciations Enquêtes de satisfaction non analysées, résultats non exploités ni communiqués, absence de plan d’amélioration Élevé

Pour une lecture détaillée de chaque indicateur, consultez le guide des 32 indicateurs Qualiopi et la page dédiée aux 7 critères Qualiopi.


Pourquoi le critère 2 concentre-t-il autant de non-conformités Qualiopi ?

Le critère 2 est le plus vaste du référentiel : il couvre le positionnement initial, l’adaptation des contenus, la prise en compte des acquis et la mise à jour des programmes. Sa complexité opérationnelle, combinée à la nécessité de preuves documentaires pour chaque action, en fait la source d’écarts la plus importante lors des audits.

Les indicateurs du critère 2 les plus souvent en défaut

  • Indicateur 2.1 : absence d’une procédure formalisée d’analyse du besoin ou de positionnement préalable à l’entrée en formation.
  • Indicateur 2.2 : programme de formation non actualisé ou objectifs pédagogiques rédigés de façon trop vague pour être vérifiables.
  • Indicateur 2.3 : parcours non individualisés alors que la prestation le prévoit contractuellement.
  • Indicateur 2.4 : évaluations des acquis inexistantes ou non tracées tout au long du parcours.

Plan de remédiation critère 2 : mettre en place une fiche de positionnement systématique (grille de niveaux, auto-évaluation ou entretien préalable), formaliser des objectifs selon la méthode SMART, instaurer des évaluations intermédiaires et conserver les preuves (émargements, livrables, bilans).


Comment corriger les non-conformités liées à l’information des publics (critère 1) ?

Le critère 1 exige que chaque prestation soit décrite publiquement avec ses prérequis, ses objectifs, ses modalités, son accessibilité handicap et ses tarifs. L’écart le plus courant est l’absence ou l’imprécision de ces informations sur le site internet ou les plaquettes commerciales. La correction passe par un audit documentaire complet de tous les supports diffusés.

Checklist de conformité critère 1

Information requise Support concerné Preuve attendue par l’auditeur
Prérequis d’accès Site web, plaquette, catalogue Mention explicite sur chaque fiche programme
Objectifs de la prestation Site web, convention/contrat Objectifs opérationnels formalisés
Modalités pédagogiques et d’évaluation Programme détaillé Description des méthodes et outils
Tarifs ou modalités tarifaires Site web, devis type Grille tarifaire ou mention « sur devis » explicite
Accessibilité aux personnes en situation de handicap Site web, tout support public Coordonnées du référent handicap
Délais d’accès Site web ou fiche programme Mention des délais moyens d’entrée en formation


Comment tracer la veille réglementaire pour éviter les non-conformités du critère 6 ?

Le critère 6 impose de démontrer que l’organisme suit les évolutions légales, sectorielles et pédagogiques de son domaine, et que cette veille nourrit l’actualisation des programmes. Sans traçabilité datée et exploitable, l’auditeur constate une non-conformité même si la veille est réalisée de fait.

Méthode de traçabilité en 4 étapes

  1. Désigner un responsable de veille (ou répartir les thématiques entre formateurs référents) et le mentionner dans une procédure interne.
  2. Centraliser les sources : bulletins officiels (Légifrance, France Compétences), newsletters sectorielles, comptes rendus de réunions professionnelles.
  3. Journaliser chaque veille : tableau de bord daté (date, source, contenu repéré, impact identifié sur les programmes).
  4. Documenter les impacts : note de mise à jour de programme avec date, version et visa du responsable pédagogique.


Quelles non-conformités Qualiopi risque-t-on lors de l’audit de surveillance ?

L’audit de surveillance, conduit entre le 14e et le 22e mois après l’audit initial, vérifie que les pratiques constatées à l’entrée en certification sont maintenues et améliorées. Les non-conformités à ce stade portent souvent sur la stagnation du système : indicateurs figés, satisfaction non analysée, programme non mis à jour depuis l’audit initial.

Écarts fréquents spécifiques à l’audit de surveillance

  • Enquêtes de satisfaction collectées mais non analysées ni restituées (critère 7).
  • Aucune action corrective tracée depuis l’audit initial malgré des points sensibles relevés.
  • Formateurs recrutés depuis l’audit sans intégration au dispositif de développement des compétences (critère 5).
  • Nouvelles prestations lancées sans mise à jour de la documentation publique (critère 1).
  • Absence de preuves de veille sur la période écoulée (critère 6).

Conseil : tenir un registre d’amélioration continue mis à jour trimestriellement permet de montrer à l’auditeur une dynamique réelle, et non une conformité construite à la dernière minute.


Quel plan de remédiation mettre en place après un audit avec non-conformités Qualiopi ?

Après un audit, l’organisme certificateur notifie les non-conformités avec un délai de levée. Le plan de remédiation doit être structuré : chaque non-conformité est traitée individuellement avec une action corrective, un responsable, une date butoir et une preuve de réalisation. La levée est examinée par l’auditeur avant décision définitive.

Structure type d’un plan de remédiation

Étape Action Responsable Preuve à produire
1. Analyse de la NC Identifier la cause racine (absence de procédure ? de preuve ? de pratique ?) Direction / Responsable qualité Fiche d’analyse de cause
2. Action corrective Créer ou mettre à jour le document / la pratique manquante Responsable désigné Document versé au dossier, daté et signé
3. Déploiement Appliquer la correction à l’ensemble des prestations concernées Équipe pédagogique Exemples concrets (programmes mis à jour, emargements, etc.)
4. Vérification interne Contrôler que la correction est effective avant envoi Responsable qualité Rapport d’audit interne ou check-list signée
5. Transmission à l’OC Envoyer le dossier de levée dans le délai imparti Direction Accusé de réception de l’organisme certificateur

Pour préparer ce dossier dans les meilleures conditions, l’accompagnement Qualiopi de Docteur Certif inclut la revue de vos preuves et la structuration de vos plans d’action.


Questions fréquentes

Combien de non-conformités majeures entraînent le refus de la certification Qualiopi ?

Une seule non-conformité majeure non levée suffit à bloquer l’obtention ou le maintien de la certification. L’organisme certificateur accorde un délai pour corriger l’écart ; si ce délai n’est pas respecté ou si la correction est insuffisante, la décision de certification est défavorable ou la certification est suspendue.

Peut-on contester une non-conformité relevée par l’auditeur Qualiopi ?

Oui. Chaque organisme certificateur dispose d’une procédure de réclamation et d’appel. L’organisme de formation peut contester le constat en apportant des preuves complémentaires non présentées lors de l’audit. La réclamation doit être formalisée par écrit dans les délais fixés par l’organisme certificateur accrédité COFRAC.

Le référent handicap est-il obligatoire pour éviter les non-conformités sur le critère 3 ?

Le RNQ exige la désignation d’un référent handicap et la mise en place de modalités d’accueil adaptées. L’absence de référent identifié, joignable et formé constitue un écart fréquent sur le critère 3. Il n’est pas nécessaire que ce soit un poste dédié à temps plein : la fonction peut être assurée par un membre de l’équipe existante.

Faut-il des preuves pour chaque formation ou une procédure générale suffit-elle ?

Les deux sont nécessaires. Une procédure générale (ou mode opératoire) démontre l’existence d’un système, mais l’auditeur s’appuie sur des preuves de réalisation concrètes (documents de stagiaires, émargements, évaluations datées) pour vérifier que la procédure est effectivement appliquée. L’absence de preuves terrain, même avec une procédure solide, génère des non-conformités.

Les organismes certifiés uniquement sur certaines catégories d’actions (ex. : bilan de compétences) doivent-ils respecter tous les 32 indicateurs ?

Non. Certains indicateurs sont spécifiques à des catégories d’actions de formation (apprentissage, VAE, bilan de compétences, formation professionnelle continue). Un organisme certifié sur une seule catégorie n’est audité que sur les indicateurs applicables à cette catégorie, conformément au périmètre déclaré lors de la demande de certification.

Que se passe-t-il si une non-conformité mineure n’est pas levée dans le délai imparti ?

Si le délai accordé pour lever une non-conformité mineure est dépassé sans correction satisfaisante, l’organisme certificateur peut requalifier l’écart en non-conformité majeure, ce qui remet en cause la certification. Il est donc essentiel de respecter scrupuleusement les délais et de communiquer proactivement avec l’organisme certificateur en cas de difficulté.

Comment se préparer à un audit Qualiopi sans accumuler les non-conformités ?

La préparation repose sur trois piliers : un audit interne couvrant les 32 indicateurs avant l’audit officiel, la constitution d’un dossier de preuves structuré par indicateur, et la formation de l’équipe aux attendus du référentiel. Un accompagnement externe permet d’identifier les écarts résiduels que l’équipe interne ne perçoit plus par habitude.

Les sous-traitants et formateurs indépendants sont-ils concernés par les non-conformités Qualiopi ?

Oui. L’organisme certifié est responsable de l’ensemble de la chaîne de prestation, y compris les sous-traitants et intervenants externes. L’absence de procédure de sélection, de suivi ou d’évaluation des sous-traitants constitue une non-conformité fréquente sur les indicateurs liés aux moyens d’encadrement (critère 4).

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