Points clés :
- Depuis le 20 février 2026, la loi de finances n° 2026-103 a modifié les conditions d’éligibilité au CPF : de nouveaux plafonds s’appliquent selon le type de certification visée (RNCP, Répertoire spécifique, bilan de compétences, permis de conduire).
- Pour rendre une formation éligible au CPF, l’organisme de formation doit d’abord déclarer son activité, obtenir la certification Qualiopi, puis faire enregistrer la certification visée au RNCP ou au Répertoire spécifique auprès de France Compétences avant de référencer l’offre sur la plateforme EDOF.
- Les formations préparant à une certification RNCP restent mobilisables sans plafond de droits CPF, tandis que les formations Répertoire spécifique sont désormais plafonnées à 1 500 € et les bilans de compétences à 1 600 €.
Définition : Rendre une formation éligible au CPF (Compte Personnel de Formation — dispositif légal qui crédite chaque actif en euros utilisables pour financer des formations certifiantes) signifie remplir l’ensemble des critères réglementaires permettant à cette formation d’apparaître dans le catalogue de Mon Compte Formation et d’être financée par les droits de ses bénéficiaires. En 2026, ces critères ont été profondément remaniés par la loi de finances du 19 février 2026.
Ce qui a changé au 20 février 2026 : les nouvelles règles d’éligibilité
Depuis le 20 février 2026, la loi de finances n° 2026-103 et les décrets n° 2026-126 et n° 2026-127 du 24 février 2026 ont réformé en profondeur les conditions d’éligibilité au CPF. Les formations préparant à une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) restent mobilisables sans plafond. En revanche, de nouveaux plafonds s’imposent aux autres catégories de formations.
Il est essentiel de comprendre la portée de ces changements avant d’entamer toute démarche pour rendre une formation éligible au CPF. Voici un tableau récapitulatif des plafonds désormais en vigueur :
| Type de formation | Plafond CPF mobilisable | Conditions particulières |
|---|---|---|
| Certification RNCP (diplômes, titres, certificats) | Aucun plafond | Aucune condition spécifique ajoutée |
| Certification Répertoire spécifique (RS) | 1 500 € | Sauf certification CléA (non impactée) |
| Bilan de compétences | 1 600 € | Aucun financement bilan dans les 5 années précédentes |
| Permis de conduire léger (A1, A2, B, BE) | 900 € | Réservé aux demandeurs d’emploi ou salariés avec cofinancement |
| Permis poids lourds / transport de personnes (C, D…) | Aucun plafond | Ouverts à tous les titulaires CPF |
Ces nouvelles règles s’appliquent automatiquement dans le parcours d’achat sur Mon Compte Formation : aucune démarche particulière n’est requise de la part des bénéficiaires. Pour les organismes de formation, en revanche, elles impliquent de vérifier que le positionnement de leur offre est bien cohérent avec le répertoire dans lequel leur certification est enregistrée.
Source : moncompteformation.gouv.fr — Nouvelles règles CPF, publié le 26 février 2026.
Quelles formations sont éligibles au CPF : RNCP, Répertoire spécifique et autres dispositifs
Pour être éligible au CPF, une formation doit préparer à l’obtention d’une certification reconnue par l’État. Il en existe deux grandes catégories : les certifications RNCP (diplômes, titres professionnels, certificats de qualification de branche) et les certifications du Répertoire spécifique (habilitations légales, compétences transversales). D’autres dispositifs comme la VAE, les bilans de compétences ou les permis de conduire sont également éligibles.
Les certifications RNCP
Le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), géré par France Compétences — autorité publique de régulation de la formation professionnelle créée par la loi du 5 septembre 2018 —, recense les certifications qui attestent des compétences nécessaires à l’exercice d’un métier. Il comprend les CAP, BEP, licences, masters, titres professionnels délivrés par des ministères ou des organismes privés habilités, ainsi que les certificats de qualification professionnelle (CQP) de branche. Les formations visant ces certifications sont mobilisables sans plafond de droits CPF.
Par exemple, la certification RNCP34660 de Technicien d’études du bâtiment en dessin de projet (niveau 4, équivalent Bac) est accessible via le CPF bloc par bloc : le bloc BC01 seul représente environ 38 heures d’apprentissage et prépare notamment à la maîtrise de logiciels comme AutoCAD et Revit.
Les certifications du Répertoire spécifique (RS)
Le Répertoire spécifique (RS) accueille les certifications et habilitations qui complètent les certifications professionnelles sans constituer un diplôme à part entière. On y trouve les habilitations découlant d’une obligation légale ou réglementaire (habilitations électriques, licences dans l’aviation civile…), les certifications de compétences transversales (certifications linguistiques, certifications informatiques) et les certifications de compétences complémentaires à un métier. Depuis le 20 février 2026, la mobilisation du CPF pour ces formations est plafonnée à 1 500 €, à l’exception du certificat CléA (certificat de connaissances et de compétences professionnelles) qui n’est pas impacté par cette mesure.
Les autres dispositifs éligibles
Au-delà des certifications RNCP et RS, les droits CPF peuvent également financer :
- Les bilans de compétences — prestations permettant d’analyser compétences, aptitudes et motivations pour définir un projet professionnel — dans la limite de 1 600 €, sous réserve qu’aucun financement de bilan de compétences n’ait eu lieu au cours des cinq années précédentes ;
- Les actions de validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
- Les formations à la création ou à la reprise d’entreprise ;
- Les permis de conduire selon les conditions décrites ci-dessus ;
- Les formations permettant aux volontaires en service civique, bénévoles et sapeurs-pompiers d’acquérir les compétences nécessaires à leurs missions.
Les étapes pour rendre une formation éligible au CPF : le parcours de l’organisme de formation
Rendre une formation éligible au CPF suppose de franchir quatre étapes successives : déclarer l’activité de l’organisme de formation, obtenir la certification Qualiopi, faire enregistrer la certification visée auprès de France Compétences, puis référencer l’offre sur la plateforme EDOF. Chaque étape conditionne la suivante.
Étape 1 — Déclarer l’activité de l’organisme de formation
Toute personne physique ou morale délivrant des prestations de formation professionnelle doit déclarer son activité auprès de la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) compétente. Cette déclaration doit intervenir dans les trois mois suivant la conclusion de la première convention ou du premier contrat de formation. Le dossier comprend notamment le formulaire Cerfa n° 10782*04, la liste des formateurs, un extrait Kbis récent, une copie du programme de formation et divers justificatifs du déclarant. En retour, l’organisme reçoit un numéro d’enregistrement provisoire à faire figurer sur tous ses documents (contrats, factures, etc.).
À compter de la réception du dossier complet, le préfet de région dispose de 30 jours pour répondre ; toute absence de réponse vaut accord. Chaque année, avant le 30 avril, l’organisme doit également transmettre un bilan pédagogique et financier (BPF) — même en l’absence d’activité, auquel cas la mention « néant » s’impose — sous peine de perdre l’exonération de TVA attachée aux actions de formation.
Étape 2 — Obtenir la certification Qualiopi
Qualiopi est la certification qualité nationale délivrée aux prestataires d’actions concourant au développement des compétences. Elle est obligatoire pour accéder aux financements publics et mutualisés, dont le CPF. Elle peut être délivrée au titre de plusieurs catégories d’actions : actions de formation, bilans de compétences, VAE, actions permettant de faire valider les acquis de l’expérience. Sans Qualiopi, un organisme ne peut pas référencer ses offres sur Mon Compte Formation.
Étape 3 — Faire enregistrer la certification visée auprès de France Compétences
Si la formation ne prépare pas à une certification déjà enregistrée au RNCP ou au Répertoire spécifique, l’organisme doit déposer une demande d’enregistrement auprès de France Compétences. Il est également possible de s’adosser à une certification existante délivrée par un tiers certificateur (branche professionnelle, ministère, etc.). C’est France Compétences — et non plus les partenaires sociaux au niveau national ou régional depuis le 1er janvier 2019 — qui est la seule autorité habilitée à enregistrer les certifications dans l’un ou l’autre des deux répertoires.
Cette étape est stratégique : le choix entre RNCP et Répertoire spécifique détermine non seulement les conditions d’accès des apprenants mais aussi, depuis le 20 février 2026, le plafond de mobilisation de leurs droits CPF. Une certification RS plafonnée à 1 500 € peut représenter un frein à l’achat pour certains apprenants dont le solde CPF est insuffisant pour couvrir le reste à charge.
Étape 4 — Référencer l’offre sur EDOF
Une fois les trois conditions précédentes remplies, l’organisme accède à l’espace EDOF (Espace des organismes de formation) via le portail de la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) — administration centrale rattachée au ministère du Travail chargée de piloter la politique de formation professionnelle. La connexion initiale passe par le portail DGEFP ; les connexions ultérieures utilisent les mêmes identifiants. Le référencement sur EDOF permet à l’offre d’apparaître dans le catalogue de Mon Compte Formation et d’être accessible à l’ensemble des titulaires d’un CPF. La Caisse des Dépôts — organisme public gestionnaire du CPF — assure ensuite le traitement des achats et le versement des financements aux organismes.
Bilan de compétences et Répertoire spécifique : focus sur les règles 2026
Le bilan de compétences et les formations Répertoire spécifique font l’objet des changements les plus significatifs apportés par la réforme de février 2026. Pour chacun, des conditions nouvelles encadrent l’accès au financement CPF, que les organismes de formation doivent intégrer dans leur communication auprès des candidats.
Le bilan de compétences en 2026
Le bilan de compétences permet d’analyser les compétences professionnelles et personnelles, les aptitudes et les motivations d’un bénéficiaire afin de définir un projet professionnel ou un projet de formation. Depuis le 20 février 2026, deux règles nouvelles encadrent son financement via le CPF :
- Le montant mobilisable est désormais plafonné à 1 600 € ;
- Le bénéficiaire ne doit pas avoir bénéficié d’un financement de bilan de compétences — qu’il soit public (CPF, État, Région, France Travail) ou privé (OPCO — Opérateur de Compétences, fonds d’assurance formation) — au cours des cinq années précédant sa demande.
Par ailleurs, le CPF ne peut financer que les heures d’accompagnement effectuées par l’organisme prestataire : les heures de travail personnel et de recherche du bénéficiaire ne peuvent pas être facturées dans ce cadre.
Les formations Répertoire spécifique hors CléA
Pour les certifications enregistrées au Répertoire spécifique — à l’exclusion du certificat CléA qui reste sans plafond —, le montant mobilisable est plafonné à 1 500 € depuis le 20 février 2026. Cette règle concerne notamment les habilitations électriques, les certifications linguistiques (TOEIC, etc.) et les certifications informatiques. Les organismes proposant ce type de formations doivent veiller à ce que le tarif de leurs offres soit cohérent avec ce plafond, ou anticiper la communication sur les modalités de cofinancement possibles (abondement employeur, OPCO, etc.).
Comment accompagner les bénéficiaires dans l’utilisation de leurs droits CPF
Au-delà de la mise en conformité réglementaire, rendre une formation véritablement accessible via le CPF suppose d’accompagner les bénéficiaires dans la compréhension de leurs droits et des nouvelles règles de mobilisation. Cela passe par une information claire sur les plafonds applicables, les cofinancements possibles et le fonctionnement de Mon Compte Formation.
Depuis le 20 février 2026, les nouvelles règles s’appliquent automatiquement dans le parcours d’achat sur Mon Compte Formation : le bénéficiaire n’a aucune démarche particulière à effectuer pour en tenir compte. En revanche, il lui appartient de vérifier son solde CPF disponible et, le cas échéant, d’identifier des sources de cofinancement complémentaires.
Pour un salarié souhaitant préparer un permis de conduire léger (A1, A2, B ou BE) via le CPF, par exemple, la réforme de 2026 impose désormais un cofinancement par un tiers (employeur, OPCO, région, FIPHFP — Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, ou droits issus du C2P ou AT/MP). Sans ce cofinancement, seuls les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail — opérateur public du service de l’emploi — restent éligibles, dans la limite de 900 €.
Les équipes de Docteur Certif accompagnent régulièrement des organismes de formation et des particuliers dans la lecture de ces nouvelles règles et dans le choix de la certification la plus adaptée à leur projet. Consultez également notre article sur comment obtenir une certification RNCP pour approfondir les démarches d’enregistrement auprès de France Compétences.
Conclusion
Rendre une formation éligible au CPF en 2026 suppose de maîtriser un cadre réglementaire renforcé par la loi de finances du 19 février 2026 et ses décrets d’application. La clé réside dans le choix du bon répertoire de certification — RNCP pour une mobilisation sans plafond, Répertoire spécifique avec un plafond de 1 500 € —, associé à la détention de Qualiopi et au référencement sur EDOF. Si vous êtes organisme de formation ou porteur d’un projet de certification, Docteur Certif peut vous aider à identifier la voie la plus adaptée à votre offre. Retrouvez également notre guide sur la certification Qualiopi pour les organismes de formation.
FAQ — Questions fréquentes sur l’éligibilité au CPF
Quelle est la différence entre une formation RNCP et une formation Répertoire spécifique pour le CPF ?
Une formation RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) prépare à un diplôme, titre ou certificat reconnu pour exercer un métier, et peut être financée sans plafond de droits CPF. Une formation Répertoire spécifique (RS) prépare à une habilitation ou une compétence complémentaire ; depuis le 20 février 2026, elle est plafonnée à 1 500 € de droits CPF mobilisables, sauf pour la certification CléA.
Comment un organisme de formation doit-il procéder pour référencer une formation sur Mon Compte Formation ?
L’organisme doit d’abord déclarer son activité auprès de la Dreets dans les trois mois suivant son premier contrat de formation, puis obtenir la certification Qualiopi. Il doit ensuite s’assurer que la certification visée est enregistrée au RNCP ou au Répertoire spécifique par France Compétences, avant de référencer son offre sur la plateforme EDOF via le portail de la DGEFP.
Un salarié peut-il encore utiliser son CPF pour passer le permis B en 2026 ?
Oui, mais sous conditions depuis le 20 février 2026. Un salarié ne peut mobiliser son CPF pour le permis B (groupe léger) que s’il bénéficie d’un cofinancement d’un tiers — employeur, OPCO, région, ou autres financeurs éligibles. Le montant mobilisable est plafonné à 900 €. Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail restent éligibles sans cofinancement obligatoire.
Quelles sont les nouvelles conditions pour financer un bilan de compétences via le CPF en 2026 ?
Depuis le 20 février 2026, le bilan de compétences est plafonné à 1 600 € de droits CPF. De plus, le bénéficiaire ne doit pas avoir bénéficié d’un financement de bilan de compétences — public ou privé — au cours des cinq années précédant sa demande. Seules les heures d’accompagnement effectuées par l’organisme peuvent être facturées dans ce cadre.
Faut-il obligatoirement la certification Qualiopi pour rendre une formation éligible au CPF ?
Oui, Qualiopi — certification qualité nationale délivrée aux prestataires de formation professionnelle — est une condition obligatoire pour accéder aux financements publics et mutualisés, dont le CPF. Sans elle, un organisme ne peut pas référencer ses offres sur Mon Compte Formation ni percevoir les financements de la Caisse des Dépôts. Elle peut couvrir les actions de formation, les bilans de compétences et la VAE.