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Comment référencer son offre sur EDOF et bénéficier du CPF en 2026

Jonathan Minakian63 min de lecture
Apprenez à référencer votre offre sur EDOF et à profiter du CPF avec Docteur Certif et ICPF
Dans cet article

Tout savoir pour référencer ses formations sur EDOF et accéder au CPF

Découvrez comment référencer votre offre de formation sur EDOF et bénéficier du financement CPF en 2026. Jonathan Minakian (Docteur Certif) et Thomas Talbi (ICPF) vous expliquent les étapes clés, les prérequis et les conseils pour optimiser votre présence sur la plateforme. Un webinar indispensable pour les organismes de formation souhaitant un accompagnement Qualiopi et réussir dans l’achat-vente d’organismes de formation.

Ouvrir un compte EDOF est une étape indispensable pour tout organisme de formation souhaitant rendre ses formations éligibles au CPF et accessibles sur la plateforme Mon Compte Formation. Pourtant, entre les exigences administratives, les prérequis réglementaires et les bonnes pratiques à respecter, cette démarche peut vite devenir complexe et source de blocages.

Vidéo : Webinaire : EDOF : référencer son offre et accéder au CPF

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Note de la rédaction — vidéo mise en ligne le 15 janvier 2026, avant la publication du décret n° 2026-728 du 1er août 2026. Les propos reflètent la réglementation et les pratiques à cette date. Règles à jour : l’audit de surveillance a lieu entre le 14e et le 22e mois après l’obtention du certificat ; une non-conformité majeure se lève en 3 mois, une mineure en 6 mois ; le référentiel compte 33 indicateurs à partir du 1er novembre 2026 (32 jusqu’au 31 octobre 2026).

Résumé

Webinaire ICPF animé par Thomas Talbi (ICPF), avec Jonathan Minakian, président fondateur de Docteur Certif, et Justine, accompagnatrice Docteur Certif, consacré à EDOF et au financement CPF. Les intervenants distinguent le CPF (droit individuel en euros géré par la Caisse des Dépôts), Mon Compte Formation (le catalogue vu par les bénéficiaires) et EDOF (l’espace des organismes pour déposer et gérer leurs offres), et rappellent les prérequis : NDA, Qualiopi sur la bonne catégorie d’action, et pour les actions de formation un enregistrement au RS ou au RNCP. Trois stratégies sont présentées : les actions éligibles de droit (VAE, bilan de compétences) avec Qualiopi seul, l’habilitation par un certificateur professionnel, ou l’enregistrement de sa propre certification auprès de France Compétences. Justine détaille les erreurs fréquentes (objectifs flous, compétences non formalisées, évaluations incohérentes, manque de traçabilité, confusion entre accompagnement et formation) et le suivi nécessaire pour ne pas être déréférencé. La séance de questions aborde les délais, les contrôles de la Caisse des Dépôts, la sous-traitance, le coût d’une habilitation (souvent 200 à 250 € par dossier, par paquets de dix) et les tarifs d’accompagnement annoncés par Docteur Certif.

Transcription

Ouverture et présentation des intervenants

Thomas Talbi : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à ce nouveau webinaire. La thématique d’aujourd’hui est celle d’EDOF et du CPF : comment accéder à cette plateforme et au financement. C’est la thématique qu’on va aborder aujourd’hui avec nos intervenants de Docteur Certif.

[Consignes techniques du webinaire — passage omis]

On va poursuivre avec la présentation des intervenants. Je commence par me présenter : je suis Thomas Talbi, responsable marketing et communication au sein d’ICPF depuis quatre ans. J’ai pu acquérir au fil de ces années une maîtrise de l’écosystème de la formation professionnelle. Aujourd’hui, on évoque un sujet encore différent, celui de la plateforme EDOF et du financement CPF, sur lequel vont surtout intervenir Justine et Jonathan — ou Niels, puisqu’il y a deux prénoms. Je laisse la parole à Justine, qui va se présenter.

Justine : Bonjour. Déjà, merci pour l’accueil pour ce webinaire, Thomas. Je suis Justine, accompagnatrice pour Docteur Certif. Je suis ingénieure pédagogique de métier, et j’accompagne à la certification Qualiopi, à EDOF et aussi aux titres RS et RNCP de France Compétences. Je développe aussi des programmes et des outils pédagogiques pour des entreprises et des centres de formation.

Thomas Talbi : Et Niels, est-ce que tu peux te présenter maintenant à ton tour ?

Jonathan Minakian : Oui, bien sûr. Merci Thomas, bonjour Justine, bonjour à tous. Tout d’abord, je pense qu’il est encore temps : je vous adresse à tous mes meilleurs vœux pour 2026. Plein de santé, de succès dans ce que vous entreprenez, et plein de succès sur EDOF et le CPF. Je suis le président fondateur de Docteur Certif. Nous sommes un cabinet qui s’occupe à 360 degrés des organismes de formation : autant pour la partie Qualiopi que pour la partie EDOF qu’on va voir aujourd’hui, que pour la partie CPF, et aussi sur le développement commercial et la gestion administrative des organismes de formation.

Je pense qu’il est bon qu’on fasse ce webinaire, parce que j’étais pas plus tard que ce matin avec un certificateur qui me disait qu’il y avait beaucoup d’organismes de formation qui ne connaissaient pas l’existence d’EDOF. Or, c’est un prérequis nécessaire pour accéder au CPF, mais je pense que Justine va nous en parler mieux que moi.

Thomas Talbi : Je tiens à faire une précision avant de démarrer la présentation. Aujourd’hui, Docteur Certif intervient en tant qu’expert sur la thématique du CPF. On est bien sur une coanimation : les deux structures sont séparées, ICPF d’un côté en qualité d’organisme certificateur qualité, et Docteur Certif qui intervient sur la thématique du CPF.

D’ailleurs, je tiens à revenir aussi sur la notion de certificateur, puisque quand on parle d’EDOF et de CPF, le terme « certificateur » peut parfois avoir une double signification. On a d’un côté les organismes certificateurs qualité comme ICPF, qui délivrent des certificats qualité comme Qualiopi, et de l’autre des organismes certificateurs professionnels, qui sont propriétaires de certifications professionnelles référencées sur EDOF. On est vraiment sur deux prestations différentes. Quand on va employer ce terme pendant la présentation, n’hésitez pas à nous faire signe dans le chat. En tout cas, nous tâcherons d’être bien précis : s’agit-il de certification qualité ou de certification professionnelle, en fonction de là où vous voulez aller.

ICPF et l’escalier de la qualité

Ceci étant dit, on va passer au plan, qui se déroule en quatre temps. Une première partie dédiée à la présentation d’ICPF. Ensuite, une deuxième partie sur la présentation du CPF et d’EDOF : qu’est-ce que c’est ? Troisième partie, le parcours pour référencer son offre. Et enfin, quatrième et dernière partie, les questions-réponses. Vous avez un espace dédié à vos interrogations, à utiliser lorsque vous souhaitez avoir plus d’informations. On reviendra nous-mêmes sur ces questions au fur et à mesure de la présentation lorsqu’il y a un lien direct avec la slide présentée. Sinon, on y reviendra à la toute fin, puisqu’on va avoir plusieurs dizaines de minutes, je pense, pour traiter l’ensemble de vos questions.

Je présente de manière synthétique ICPF pour les personnes présentes aujourd’hui qui ne nous connaissent pas. Nous sommes un organisme certificateur qualité. Nous délivrons plusieurs certifications comme Qualiopi, ICPF Pro et ISO ; je vous présenterai ces éléments un peu plus en détail par la suite. Aujourd’hui, on se distingue sur le marché de la certification au travers de cinq axes que vous trouvez à l’écran.

Le premier axe, c’est la démarche simplifiée au travers de la plateforme Noé. C’est une plateforme qu’on a développée nous-mêmes, qui vous permet de vous engager dans des parcours de certification de manière plus fluide : mettre de côté vos gros classeurs, vos fichiers Excel, et avancer plus sereinement avec une plateforme qui vous fait gagner du temps. Le deuxième point, c’est la compétence technique : on s’investit uniquement en certification qualité dans le secteur de la formation, et ce depuis maintenant un peu plus de 30 ans. Troisième point, la proximité territoriale, de par le réseau d’auditeurs qui couvre tout le territoire français, outre-mer compris, pour vous proposer des dates d’audit proches. Le point suivant, c’est le service client, que vous retrouvez sur la plateforme Noé et sur le site internet. Et enfin, le dernier point, c’est le réseau : un réseau de 8 000 certifiés que vous pouvez rencontrer lors d’événements comme celui-ci, un événement digital, mais aussi lors d’événements physiques avec nos ICPF Networking, qu’on organise deux à trois fois par an.

Pour faire le lien entre les offres de certification disponibles et la thématique du jour, je vais vous présenter ces cinq marches qui vous permettent de poursuivre votre développement en formation. Le démarrage, ce qu’on appelle le rez-de-chaussée, c’est d’avoir le statut d’organisme de formation, qui intervient aux côtés de professionnels. Ce statut s’officialise par l’obtention d’un numéro de déclaration d’activité : c’est la première marche de l’escalier. C’est une démarche qui s’effectue auprès de la DREETS, ou de la DRIEETS en fonction de votre région, et qui permet d’être reconnu par le ministère du Travail en tant qu’organisme de formation. Une fois que ce numéro est obtenu, l’engagement se fait assez automatiquement dans la marche 2, qui est l’obtention de Qualiopi, pour atteindre un niveau standard de qualité en formation, notamment pour l’accès aux financements, mais aussi pour faire comprendre à vos clients le niveau de qualité de votre activité.

La marche 3, c’est le cœur du sujet aujourd’hui : celle du CPF, qui dans certains cas peut s’atteindre avec Qualiopi uniquement. Mais aujourd’hui, on va surtout s’intéresser aux démarches complémentaires qu’il faut entreprendre pour accéder à cette marche du CPF au travers de la plateforme EDOF. Ensuite, vous retrouvez deux marches complémentaires, qui sont plutôt là pour se différencier des autres organismes certifiés. Une démarche pour les personnes physiques, ICPF Pro : en tant que formateur, en tant que consultant, faire comprendre à vos clients ce qui vous différencie d’autres acteurs sur un même secteur. Et enfin la certification ISO 9001 ou 21001, qui vous permet d’accéder à d’autres marchés à l’étranger, ou même en France auprès de grandes entreprises. Cet escalier, gardez-le en tête, puisqu’il permet vraiment de structurer votre démarche. Et on va s’intéresser aujourd’hui bien entendu à la marche 3, celle du CPF.

Je vous invite d’ailleurs à répondre à un deuxième sondage qui vous a été partagé : où en êtes-vous aujourd’hui dans l’escalier de la qualité ?

[Consignes techniques du webinaire — passage omis]

On a les résultats qui évoluent au fur et à mesure. On est en majorité en présence d’organismes déjà engagés dans la certification Qualiopi. Vous pouvez éventuellement indiquer dans le chat si vous avez déjà obtenu la certification, si vous êtes dans le parcours, ou si vous êtes plutôt au début, en train de préparer le prochain audit. En tout cas, on est à 70 % de participants qui en sont à la marche Qualiopi, 13 % sur la marche du CPF, qui ont donc déjà une offre référencée sur la plateforme EDOF, et 13 %, si on additionne les deux, plutôt à la marche de l’engagement et du NDA, qui en sont encore au début de la démarche et cherchent à trouver des solutions pour se développer. Peut-être un premier commentaire, Justine ou Niels, sur ces résultats ? Qu’est-ce que vous pensez de la répartition qu’on a aujourd’hui en termes de participants ? Justine, tu veux prendre la parole ?

Intervenant : Ce que je constate, c’est qu’en effet il y a beaucoup d’organismes de formation qui veulent être certifiés Qualiopi. Et puis, quand ils sont certifiés Qualiopi, il y a la marche du dessus, comme on l’a vu sur cette slide et comme on va le voir aussi sur les prochaines. L’ouverture du compte EDOF, c’est le prérequis avant d’accéder au CPF. Et en fait, il y a encore beaucoup trop d’organismes de formation qui l’ignorent. Donc, encore une fois, c’est vraiment bien qu’on fasse ce webinaire, parce que ça va être plein d’informations pour tous nos auditeurs aujourd’hui, qui vont pouvoir justement acquérir des connaissances là-dessus et pouvoir accéder au CPF ultérieurement. Tu dis peut-être un mot en plus ?

Justine : Oui, c’est ça. Il y a quand même une logique : on voit la logique des participants. La plupart ont passé Qualiopi et du coup sont intéressés par ce webinaire pour aller sur la suite, qui est d’accéder à différents financements, dont celui du CPF avec EDOF. C’est la suite logique quand on a Qualiopi, vu qu’on ne peut pas accéder au CPF sans avoir été certifié Qualiopi avant.

Thomas Talbi : J’ai une première question de la part d’une participante, qui demande si la dernière marche, la marche ISO 9001 ou 21001, est valable pour la Polynésie française. La réponse est oui. Les démarches ISO sont des démarches internationales. Dans votre situation, la certification serait reconnue et vous permettrait d’accéder aux mêmes bénéfices que les autres entreprises positionnées à d’autres endroits géographiquement.

Le CPF et EDOF : de quoi parle-t-on ?

Pour entamer le sujet du CPF et d’EDOF, on va commencer par les bases. Qu’est-ce que le CPF ? Même si on en entend beaucoup parler, on va poser le cadre. Le CPF, c’est un type de financement parmi d’autres : le compte personnel de formation. C’est l’un des financements les plus utilisés en France. Il est réputé parce qu’il est accessible y compris aux particuliers, et c’est la différence par rapport à d’autres dispositifs de la formation professionnelle. Toute personne en activité professionnelle en France peut en bénéficier, puisqu’elle cotise chaque mois sur ses fonds. En termes de chiffres, vous les avez à l’écran : 2,5 milliards d’euros de financement engagés et 1,4 million de dossiers de formation financés.

Pour le reste des informations, je vous laisserai voir le support ; le but n’est pas de lire toute la slide. Mais il faut comprendre qu’aujourd’hui, c’est un financement assez dynamique, puisque vous avez un intérêt, en tant qu’organisme de formation, à pouvoir toucher différents demandeurs, et pas seulement ceux de la formation professionnelle. Là, on va vraiment toucher un niveau particulier qui peut vous donner accès à ce financement. Et quand on parle de CPF, on parle aussi de la plateforme EDOF, qui sert à faire le lien. Justine, EDOF, qu’est-ce que c’est exactement ?

Justine : C’est la plateforme officielle adossée au dispositif CPF, Mon Compte Formation, qui permet aux organismes de gérer leurs formations certifiées avec le CPF : les sessions, la documentation. C’est vraiment la plateforme qui n’est pas visible du côté des personnes qui utilisent leur CPF. Il y a vraiment deux côtés de la plateforme : le côté où l’on va en tant que titulaire de son compte de formation, pour voir nos financements, quelles formations on peut sélectionner, et nos anciennes formations ; et le côté pour les organismes de formation, celui qui vous concerne un peu plus, où vous avez l’ensemble de vos formations avec vos nombres de sessions, et cetera.

Thomas Talbi : Il y a parfois aussi certaines informations qui circulent et qui mènent à ne pas comprendre ce qu’est la plateforme EDOF. Quelles sont ces fausses informations qu’on peut voir ?

Justine : EDOF, ce n’est pas une marketplace classique, c’est-à-dire que ce n’est pas un endroit où l’on peut faire la vente et la promotion de sa formation à proprement parler. Ce n’est pas un site internet qu’on peut utiliser pour soi-même. Pour faire ça, il vaut mieux avoir son site, et on s’implante sur les réseaux avec son site internet, mais pas à partir d’EDOF. Ce n’est pas non plus un dépôt si simple : il y a quand même une réglementation à suivre, un suivi à avoir. Et ça ne garantit pas les financements de manière automatique. Ce n’est pas parce qu’on a déposé notre formation dessus qu’on a droit automatiquement à des financements.

Ça reste quand même un levier avec des contraintes, étant donné que ça demande de l’investissement et une organisation, un peu comme pour Qualiopi. Il faut avoir de la rigueur, parce qu’on est quand même suivi, et on peut ne plus avoir accès à EDOF même si notre formation a été référencée et qu’on a eu droit à des financements.

Thomas Talbi : Je vais prendre quelques questions, même si on ne fait qu’entrer dans le sujet, notamment celle d’une participante qui demande si EDOF est le nouveau ?

Justine : C’est quand même différent : c’est vraiment personnalisé pour la formation pure et dure. Donc pas forcément. Peut-être que ça viendra à évoluer, mais pour moi, il y a quand même une différence.

Thomas Talbi : Et une question d’une participante : on a vu tout à l’heure des chiffres sur les montants de financement. Elle se demande si l’État contribue au CPF, ou si l’on est seulement sur un financement fait du côté des entreprises.

Justine : Il y a un peu des deux : les entreprises, mais il y a quand même un financement de l’État. C’est vraiment un budget en euros qui est alloué si on travaille. On ne cotise pas à son CPF si on ne travaille pas.

Thomas Talbi : OK, on va reprendre la présentation. Quelles sont les informations essentielles qu’on peut retenir cette fois sur le financement CPF avant de poursuivre ?

Justine : Pardon Thomas, je n’ai pas compris ta question.

Thomas Talbi : Quelles sont les informations essentielles qu’on peut retenir sur le financement CPF ?

Justine : Que c’est un droit individuel, vraiment attaché à une personne, et qu’on ne peut donc pas partager son financement avec d’autres personnes. On a pu le voir à plusieurs reprises : ce n’est pas quelque chose qui se partage, c’est propre à soi. C’est limité en euros : ce n’est pas sous forme d’heures, comme je le disais. C’est quelque chose sur lequel on cotise parce qu’on a travaillé. On peut l’utiliser tout au long de sa vie, à plusieurs reprises. C’est quelque chose qui continue de s’alimenter d’année en année : on ne perd pas ses financements. C’est géré par la Caisse des Dépôts.

Par contre, ce n’est pas un budget libre pour toutes les formations. Ce sont des formations vraiment spécifiques, référencées sur Mon Compte Formation. Encore une fois, si elles sont sur Mon Compte Formation, c’est qu’elles ont été réglementées avant : il y a quand même eu une rigueur et un regard sur ces formations pour qu’elles puissent apparaître. Ce n’est pas un financement automatique et, encore une fois, ce n’est pas un outil marketing qu’on peut vendre pour avoir des offres.

Thomas Talbi : Je vois dans les questions quelques questions qu’on peut traiter pour mieux comprendre ce qu’est le CPF, notamment une question d’une participante : « Vous avez mentionné en début de webinaire qu’EDOF était un prérequis au CPF, et là vous dites que l’organisme de formation met ses formations référencées. Comment peut-on mettre ses formations si elles ne sont pas référencées ? »

Justine : Attendez, je relis la question. Pour avoir accès au CPF, il faut dans un premier temps aller sur la plateforme en tant qu’organisme de formation et référencer ses formations. Quand elles ont été validées, vous avez le droit d’accéder au CPF directement. Mais avant ça, il y a toute une réglementation qu’on va voir dans la suite des slides, avec tous les prérequis, la formation pure et dure : il faut que ce soit un vrai projet. Et ensuite, quand elle est validée, elle apparaît de l’autre côté, sur Mon Compte Formation, où les titulaires de leur financement peuvent voir votre formation directement sur la plateforme. Je ne sais pas si c’est clair.

Thomas Talbi : Je pense que si la question peut être approfondie, il faudra l’indiquer dans la partie chat. Une autre question d’une participante, qui demande si la plateforme EDOF est payante : est-ce que l’organisme de formation doit payer pour accéder à cette plateforme ?

Justine : Non, ce n’est pas payant, mais par contre ça demande une rigueur personnelle, avec de vrais engagements derrière. Et le fait de faire la démarche de se référencer n’est pas payant non plus, en tout cas si l’organisme décide de le faire par ses propres moyens. Après, on conseille souvent quand même de se faire accompagner, parce que, comme je le disais, ce n’est pas parce qu’on met son offre sur EDOF qu’on a le financement automatiquement. Ça demande quand même beaucoup d’attention, avec des exigences à retenir.

Thomas Talbi : À ce moment-là de la présentation, c’est sûr que cette slide va servir à bien distinguer les différents acteurs. Comment peut-on bien faire la différence entre, d’un côté, le CPF, au milieu Mon Compte Formation, et de l’autre EDOF ? Comment fait-on le tri ?

Justine : Le tri est simple. Le CPF, c’est un droit individuel défini par le Code du travail. Quand on travaille, on cotise de l’argent qui va directement sur un portefeuille virtuel, ce qui permet d’avoir droit à des formations. Ces formations-là sont référencées dans un catalogue, Mon Compte Formation, où l’on a l’ensemble des formations visibles par les bénéficiaires, avec un espace d’achat de formation : si une formation vous intéresse, vous la sélectionnez et vous la payez avec votre fonds de formation. Et de l’autre côté, EDOF, c’est l’autre vision de la plateforme, celle qu’ont les centres de formation pour pouvoir déposer leurs formations et les rendre visibles aux bénéficiaires sur Mon Compte Formation. Comme je le disais tout à l’heure, c’est là qu’on déclare sa formation, qu’on gère ses sessions et qu’on peut la contrôler. Et c’est aussi là qu’elles peuvent être suspendues ou déréférencées si elles ne correspondent pas aux exigences attendues.

Thomas Talbi : Il y a des questions dans le chat de personnes qui se demandent ce qu’on peut réellement faire référencer sur la plateforme, et donc faire passer par le CPF. Quelles sont les actions qu’on peut aujourd’hui enregistrer sur la plateforme ?

Justine : Ça va être les certifications professionnelles enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles.

À la différence d’une formation RSCH, c’est une formation qui permet d’avoir un titre professionnel, qui nous permet de travailler sur notre territoire aujourd’hui. La deuxième action qui peut être éligible, c’est le Répertoire spécifique des certifications et habilitations. Là, on parle d’une montée en compétences : on vient approfondir un métier qu’on a peut-être déjà et où l’on veut avoir de nouvelles compétences. Ensuite, on va avoir des actions de formation sur différents styles de formation, la préparation au permis véhicules légers et poids lourds, les actions de VAE et les bilans de compétences.

Thomas Talbi : Pour une partie de ces actions éligibles au CPF, sur la partie droite de l’écran, la certification Qualiopi seule peut déjà servir à aller plus loin. Mais pour la partie de gauche, vous aurez des démarches complémentaires à faire. Après, à vous de vous poser la question de savoir si les actions de droite sont des actions que vous réalisez déjà ou que vous serez en mesure de mener — sauf s’il s’agit plutôt d’un projet de diversification de votre activité, ça peut être le cas. Mais nous allons nous intéresser aujourd’hui, par l’intervention de Justine et Niels, à la partie de gauche : comment faire pour accéder à EDOF avec des actions RNCP, des actions RSCH, pour les enregistrer sur ces répertoires.

Une fois que cette action est identifiée, il y a tout de même un niveau d’exigence à atteindre, une conformité à démontrer sur deux points : d’un point de vue réglementaire et du point de vue du CPF. Quelles sont ces différentes exigences ?

Justine : Les différentes exigences, ça va être d’un côté réglementaire. Comme vous avez parlé tout à l’heure des différentes marches, il faut être déclaré en tant qu’organisme de formation, donc avoir obtenu son NDA, et avoir la certification Qualiopi pour les actions que l’on dépose. Si par exemple on fait un dépôt d’action de formation, il nous faut Qualiopi au titre des actions de formation. Si vous voulez déposer une action de formation mais que vous n’avez passé Qualiopi qu’au titre de la VAE, vous ne pourrez pas déposer sur EDOF.

Le côté spécifique au CPF, c’est qu’il faut que la formation corresponde vraiment à une certification, donc qu’elle soit référencée RS ou RNCP, avec un référentiel de compétences vraiment détaillé, comprenant l’ensemble des compétences qui vont être vues pendant la formation, et le programme. Ensuite, les modalités d’évaluation, qui doivent être conformes, et une traçabilité, avec les émargements, les évaluations et les preuves, avec le contrat ou la convention signé au préalable de la formation.

Thomas Talbi : On n’a pas parlé des CFA. Est-ce que les CFA peuvent prétendre à l’accès au CPF ? C’est une question d’une participante notamment.

Justine : Là, on parle plutôt d’apprentissage, donc c’est différent. Ce ne sont pas les mêmes financements pour l’apprentissage. Donc le CFA ne peut pas : ce sont plutôt les actions de formation, la VAE et le bilan de compétences.

Thomas Talbi : OK. On reprendra plutôt les questions vers la fin, mais j’ai l’impression qu’il y a encore des incompréhensions sur la logique de parcours entre EDOF et le CPF. Je pense que c’est en lien avec la question posée par une participante au début. Un participant demande, juste pour être certain d’avoir bien compris : quand on dépose sa formation sur EDOF, doit-elle être préalablement référencée ?

Justine : Oui, il faut en fait qu’elle soit référencée avec un titre RS ou RNCP ; tout dépend de la nature de votre formation.

Thomas Talbi : Donc, si je prends un parcours : en premier lieu, je fais référencer ma formation sur un répertoire, soit RS, soit RNCP. Une fois que cette action est référencée, je peux entamer des démarches à partir de la plateforme pour demander à ce qu’elle soit enregistrée sur la plateforme et qu’elle soit ensuite accessible via Mon Compte Formation à des titulaires de compte CPF, pour l’acheter.

Justine : C’est ça.

Thomas Talbi : OK. On reviendra, je pense, sur la notion de parcours. On va maintenant prendre un peu plus le côté opérationnel. Lorsqu’un organisme a un projet d’accès au CPF, quelles sont les principales difficultés qu’il va rencontrer et qui pourraient le ralentir dans cette avancée ?

Justine : Les refus de référencement — la question que tu venais de me poser, Thomas : que la formation ne soit pas forcément référencée et reconnue. C’est déjà un premier palier, et c’est le plus gros palier à mon avis. Le deuxième, ce sont les demandes de correction : là, on perd du temps, mais on finit par y avoir accès. Et le dernier, c’est la suspension du référencement par manque de réglementation ou de contrôle. Comme c’est dit sur la slide, ces difficultés ne sont pas souvent liées à la plateforme, mais plutôt à une structuration inadaptée de l’offre de formation. Parfois, le programme ou la montée en compétences n’a pas forcément de lien direct avec le projet de formation qui est derrière. C’est pour ça que c’est toujours mieux de se faire accompagner.

Thomas Talbi : Je pense qu’on a un léger décalage entre nous, Justine : quand j’ai fini de poser une question, il faut peut-être une seconde ou deux, le temps que ça passe par nos câbles, pour que tu l’entendes. Et inversement, quand tu parles, je pense que tu as parfois l’impression que je te coupe la parole.

Les trois stratégies pour accéder au CPF

On va entamer la partie 3 du webinaire : comment faire pour accéder à la plateforme pour référencer son offre. Pour commencer, il faut bien comprendre, avant de s’engager dans un projet de référencement de votre offre sur EDOF, qu’il y a trois stratégies à visualiser. Dans certains cas, la certification Qualiopi seule peut suffire : c’est ce qu’on appelle proposer des actions éligibles de droit, soit avec du bilan de compétences, soit avec de la VAE. Et si vous décidez de choisir les actions de formation comme actions à faire référencer, on est plutôt sur les stratégies 2 ou 3. C’est-à-dire que vous allez devoir faire le choix entre obtenir une habilitation auprès d’un certificateur professionnel, qui est déjà propriétaire d’une action de formation certifiante, ou alors — troisième possibilité — rendre votre offre de formation certifiante par vos propres moyens, avec ou sans accompagnement.

On va voir en quoi l’accompagnateur peut vous aider dans ce projet, puisqu’il y a des obstacles qu’il peut vous aider à franchir. Ce n’est pas une question de préférence : en fonction de l’action que vous voulez faire référencer, dans certains cas Qualiopi suffit, et si c’est une action de formation, il faut choisir entre la stratégie 2 ou 3. Par rapport à ces trois possibilités, quel est aujourd’hui votre projet pour accéder au CPF ? On vous partage le sondage, et on va pouvoir identifier la proportion de personnes qui souhaitent suivre une stratégie ou une autre. En attendant, on va prendre quelques questions.

[Consignes techniques du webinaire — passage omis]

Je vais prendre les questions dans l’ordre, étant donné qu’elles sont pour l’instant à peu près toutes au même niveau. Une question d’un participant : comment faire pour faire certifier sa propre formation ? Quelle démarche entreprendre ? On va le voir dans quelques instants, on ne va donc pas répondre tout de suite : c’est l’objet de cette partie 3 du webinaire. Question d’un participant : « Si je comprends bien, si l’on a une simple action de formation non certifiée RS ou RNCP, on ne peut pas se mettre sur EDOF, et donc pas possible d’être au CPF ? » En l’état, oui : si cette offre n’est pas enregistrée sur ces deux répertoires, vous ne pouvez pas. L’étape est donc justement d’aller plus loin dans le parcours pour le faire.

Une question d’une participante : comment sont fixés les prix des formations publiées sur le CPF ? Est-ce qu’il y a un taux horaire, Justine ?

Justine : Ça dépend en fait du style de formation. Il y a une jauge de prix qui est conseillée, mais après, chacun a quand même ses prix : on reste assez libre de ce côté-là.

Thomas Talbi : Et une dernière question avant qu’on revienne sur le support, de la part d’une participante, qui fait d’ailleurs écho à une autre question que j’ai vue passer mais que je n’ai plus sous les yeux. Elle demande comment déposer une offre VAE pour être référencée au RNCP. Est-ce que c’est possible juste avec de la VAE ? Déposer une offre VAE sur le RNCP ?

Justine : Non, ça n’existe pas dans le sens où l’on préconise quand même de faire un RNCP en entier. On le propose, mais pas forcément uniquement sous format VAE. Souvent, on va quand même l’avoir en action de formation et en VAE. Il faut qu’il y ait une vraie logique derrière, et souvent une vraie demande : pour France Compétences, si vous déposez une formation, c’est qu’il y a une demande. Donc souvent on fait de l’action de formation mêlée à de la VAE, et vous avez deux publics différents, mais pas uniquement de la VAE.

Intervenant : En fait, le point de départ… Après, tout est possible. Vous pouvez très bien… Je te laisse terminer, vas-y.

Justine : Je termine. Ce sont des choses qui peuvent être possibles et envisageables, mais c’est vrai que ce n’est pas la première recommandation.

Thomas Talbi : De ce que je comprends, le point de départ pour accéder à ce répertoire, c’est l’action de formation. Et lorsqu’on présente ça à France Compétences, il y a davantage de chances que le projet soit accepté, puisqu’il répond à un besoin de montée en compétences, à un projet professionnel derrière, ce qui va être moins le cas de la VAE, qui n’aura pas les mêmes objectifs.

Justine : Tout à fait.

Thomas Talbi : Je reviens sur les résultats du sondage. À 40 %, les participants souhaitent enregistrer leur propre certification professionnelle sur l’un des deux répertoires, RS ou RNCP. 31 % souhaitent proposer des actions éligibles de droit, soit au travers de la VAE, soit au travers du bilan de compétences. Là, la question à se poser est : est-ce qu’aujourd’hui votre périmètre de certification Qualiopi le permet ? Auquel cas il faudra peut-être réaliser une adaptation du certificat. Et enfin, à 29 %, il s’agit de se faire habiliter par un certificateur professionnel déjà enregistré sur ce répertoire, qui va vous emmener là où vous souhaitez plus rapidement. Merci pour ces réponses. Peut-être, Niels, un commentaire sur ce qu’on peut observer actuellement ?

Jonathan Minakian : Oui, c’est intéressant, ce sondage. Effectivement, Qualiopi, c’est vraiment le point de départ : c’est la base de toutes les certifications possibles et imaginables en termes de formation. Le circuit, le process naturel, c’est ensuite de passer à EDOF, et ensuite, une fois qu’on l’a, on peut se faire habiliter par un certificateur pour un titre RNCP ou une formation RS. Cela va nous servir aussi pour pouvoir enregistrer une formation RS ou RNCP. Il y a vraiment une suite logique dans ces résultats.

Le parcours Qualiopi avec ICPF

Thomas Talbi : Merci pour ces compléments. On l’a déjà dit à plusieurs reprises, mais j’insiste une dernière fois : avec le CPF, vous accédez bien à un financement unique. Le point de départ, c’est la certification Qualiopi, qui va vous donner accès à d’autres types de financement, comme au travers des OPCO, de l’État, des régions et de France Travail. Et là, on aborde l’axe du CPF.

Pour y accéder, vous avez pour commencer, avec Qualiopi, un parcours qui se structure en cinq étapes. La première étape, lorsque vous souhaitez vous engager dans un parcours de certification avec ICPF, c’est d’effectuer une demande de certification. Nous avons la plateforme Noé, qu’on vous propose pour effectuer cette demande. Une fois la demande effectuée — ça prend entre 5 et 10 minutes —, vous recevez une proposition dans laquelle vous avez une date d’audit. Cette date vous est réservée pendant 72 heures, le temps que vous puissiez prendre votre décision sur la suite de votre parcours. Vous pouvez la signer. Une fois signée, la proposition se transforme en contrat de certification : la date est validée et vous entrez dans la préparation de l’audit. Là, nous proposons des options au travers de la plateforme ou avec un auditeur, avec un pré-audit notamment.

Une fois que vous êtes prêt, l’audit a lieu ; c’est généralement un audit qui dure une journée. À la suite de l’audit, dans certains cas, vous allez pouvoir déjà savoir si le certificat sera obtenu tout de suite, puisque dans certains audits il y a zéro non-conformité. Il peut aussi y en avoir d’identifiées. Ce ne sera pas synonyme d’échec, puisque la réglementation permet d’identifier des non-conformités et de les traiter post-audit : il n’y aura pas besoin de refaire un audit, vous pourrez les traiter par l’envoi de preuves. Vous arrivez alors à l’étape de la certification, après traitement des éventuelles non-conformités. Et une fois que ce certificat est obtenu, vous pouvez vous pencher sur les étapes complémentaires : l’accès à EDOF, avec l’accès au CPF.

On a vu avec le sondage qu’il y a des organismes qui souhaitent accéder au CPF avec des actions éligibles de droit, notamment au travers de la VAE ou du bilan de compétences. Certains organismes n’ont pas encore ces catégories rattachées à leur certificat. Il faudra alors reprendre le même parcours à partir de l’étape 1 : refaire une demande de certification pour passer un nouvel audit, qu’on appelle audit d’extension, et qui va concerner uniquement la catégorie que vous visez. Vous n’aurez pas à reprendre comme au tout début : on est bien sur le même certificat, mais on va pouvoir étendre le périmètre avec l’action visée.

Pour arriver jusqu’ici, le coût de la certification Qualiopi est en moyenne de 1 190 €. Ce tarif comprend la durée de l’audit, pour 995 €, et des frais techniques liés aux frais de dossier, donc la gestion de votre demande par un assistant à la certification. Après la certification, il y a ce qui correspond au maintien du certificat, au travers de l’audit de surveillance et de l’audit de renouvellement : nous avons mis en place un fonctionnement par pass annuel. Tous les ans, vous payez une somme fixe qui correspond au maintien de la certification. À côté, vous avez des options, en amont de la certification ou après, que vous voyez en bas de l’écran. L’élaboration : c’est une option qui vous offre un espace documentaire pour préparer vos éléments de preuve. Le pré-audit, j’en ai parlé. L’assurance report, si jamais vous pensez devoir replanifier l’audit : elle vous permet de replanifier sans frais en plus. Et les frais de déplacement de l’auditeur, en fonction de votre lieu d’intervention et du lieu de l’auditeur.

Les erreurs fréquentes et la structuration de l’offre

Une fois la certification Qualiopi obtenue, on se remet dans le projet d’accès à la plateforme EDOF pour le CPF. Dans ces projets, il y a généralement un certain nombre d’erreurs ; cinq principales sont identifiées ici. Quelles sont les principales erreurs commises, Justine ?

Justine : Pardon, excusez-moi, j’ai eu un petit bug. Les erreurs les plus fréquentes — là, on rentre vraiment dans le vif du sujet, le contenu de la formation —, ce sont vraiment les éléments qu’il ne faut pas du tout négliger quand on veut déposer son offre. Il faut avoir des objectifs assez clairs, reliés à des situations de travail ou à des enjeux métiers. L’erreur numéro un, ce sont les objectifs flous ou non professionnels, qui ne correspondent pas du tout à des situations professionnelles.

La deuxième, ce sont des compétences non formalisées. On attend des compétences explicitées, qui permettent une vraie montée en compétences, et qui sont mesurables et atteignables par des évaluations. La troisième, c’est une évaluation qui n’est pas du tout cohérente, par exemple avec les objectifs ou les compétences évoquées. Les évaluations ont pour but de vérifier que la compétence a été comprise et validée, et donc qu’on valide l’objectif qui est en lien direct. Ensuite, un manque de traçabilité : tout ce qui est au niveau du suivi de la formation, les évaluations, le besoin de l’apprenant, les évaluations à chaud, à froid, et également les preuves de contrat écrit, par exemple. Et enfin, la confusion entre un accompagnement et une formation : le dispositif relève beaucoup plus d’une action de formation que d’un accompagnement.

Thomas Talbi : Dans le parcours pour accéder à EDOF, de ce que j’ai compris, vous le voyez en quatre étapes. La première, c’est la structuration de l’offre de formation : c’est vraiment pour s’assurer que le projet va répondre à un besoin réel sur le marché du travail. Quelles sont les sous-étapes, les sous-catégories de ce premier point, qui consiste à créer l’offre à faire référencer ?

Justine : Dans l’étape numéro 1, les quatre grands points qu’on va voir sont normalement des choses déjà validées en amont, si l’on a la certification Qualiopi. Peut-être que parfois on va demander des réajustements ou des améliorations, mais les bases sont normalement déjà présentes. Le premier, ce sont des objectifs qui restent professionnels, qui permettent de décrire des résultats concrets attendus en situation de travail, et qui permettent vraiment de garantir la qualité de la formation. Ensuite, des compétences visées qui permettent d’atteindre les objectifs. Comme je le disais tout à l’heure, un programme de formation qui permet vraiment de suivre le parcours de formation de A à Z, avec de vrais modules de formation et le contenu qui va avec. Et par la suite, les modalités pédagogiques et d’évaluation : quels sont les outils pédagogiques qu’on utilise pour réaliser cette formation, quels sont les différents formats d’évaluation, est-ce qu’ils sont cohérents, est-ce qu’ils permettent une vraie validation des compétences, et donc des objectifs ?

Thomas Talbi : Avec ces quatre points, il y a ensuite l’étape 2, qui est celle de sécuriser le cadre réglementaire. Quels sont les points à retrouver dans cette étape ?

Justine : Dans un premier temps, avoir la certification Qualiopi validée. Le deuxième, ce sont les exigences spécifiques du CPF : respecter les règles qui encadrent la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des formations CPF. Ensuite, la traçabilité des actions : il faut mettre en place un suivi, quel qu’il soit. C’est quand même libre, il faut juste le prouver avec des preuves tangibles et réelles. Et par la suite, une obligation d’information aux bénéficiaires : il faut que l’information soit accessible à l’ensemble des bénéficiaires de la formation.

Thomas Talbi : Il y a des interrogations, notamment d’une participante, sur la différence entre le RS d’un côté et le RNCP de l’autre. Qu’est-ce qui distingue ces deux répertoires ?

Justine : Le RNCP, ça va être un métier. On achète une formation pour avoir un métier : par exemple, on veut devenir comptable, secrétaire. Ce sont de vrais métiers : à la fin de cette formation, on a un métier pour aller postuler dans les entreprises. Alors que le RS va être plutôt une montée en compétences : par exemple, se perfectionner sur les tableurs Excel.

Vous êtes comptable et vous manquez de compétences sur Excel : vous allez chercher des formations qui vous permettent de monter en compétences de ce côté-là. Je ne sais pas si c’est clair.

Thomas Talbi : Il y a une question de la part d’un participant, plutôt en rapport avec l’étape 1. Qu’est-ce qui est attendu pour prouver que la demande est bien présente en termes de besoins sur le marché ? Qu’est-ce qui peut être utilisé pour apporter ces éléments de preuve ?

Justine : Attention, parce que là il y a une confusion. Montrer que c’est une formation qui répond à de vrais besoins aujourd’hui, sur le département ou d’un point de vue national, ça concerne plutôt le dépôt d’un dossier auprès de France Compétences pour obtenir la certification RS ou RNCP. Au niveau du CPF, ça va être plutôt ce que je vous ai dit : le programme, avec vraiment le vrai projet de formation, avec à l’intérieur les objectifs, le contenu de la formation, les outils utilisés, les méthodes d’évaluation — le programme vraiment ficelé en entier —, mais pas forcément les besoins. Les besoins, ça se joue au niveau de France Compétences, parce que France Compétences a déjà énormément de formations, et la question première est : est-ce qu’on rajoute cette formation ? Est-ce qu’elle a une vraie utilité aujourd’hui en France ? Est-ce que c’est une formation qui va être demandée ou non ? Là, on va vous demander des ressources, des questionnaires, des personnes qui ont déjà participé à la formation, et que vous ayez de vrais résultats derrière.

Thomas Talbi : De ce que j’ai compris, le projet de ce participant, c’est justement de faire enregistrer son offre sur l’un des deux répertoires. Il va avoir à produire des éléments, et il se demande ce qu’il pourra utiliser pour justifier que son offre répond bien à un besoin sur le marché.

Justine : Par exemple, pour des métiers novateurs, on peut voir par rapport à des références clés qu’il y a aujourd’hui de nouveaux métiers. Si sa formation correspond à un métier en particulier, il va venir coller les compétences par rapport à ça. Et puis son passif : si par exemple l’année dernière il a formé 150 personnes sur cette formation, c’est qu’il y a une demande. Par contre, s’il dépose le dossier, qu’il n’y a eu que trois personnes et que ça fait quatre ans qu’il a ouvert cette formation, ça peut être dû aussi à un manque de commercialisation, mais ça peut aussi signifier que ce n’est peut-être pas un vrai besoin. Il y a plusieurs indicateurs ; on pourra revenir dessus plus spécifiquement, peut-être dans un autre webinaire sur le RS et le RNCP, mais il y a quand même de grosses étapes à franchir pour monter les dossiers.

Déposer l’offre sur EDOF et la faire vivre

Thomas Talbi : OK. On va parler de l’étape 3 du parcours, déposer l’offre sur EDOF. Quels sont les points essentiels ?

Justine : Le premier point, c’est de déposer son offre sur la plateforme. Si vous déposez l’offre, c’est que vous avez déjà créé votre programme avec ce que je vous disais tout à l’heure, l’ensemble des objectifs, et cetera : les deux premières étapes sont déjà validées de votre côté, pour être sûr de ne pas avoir de refus par la suite. Dès que la validation est faite, vous déposez votre dossier, et le dossier va être analysé et transmis. Ensuite, on va avoir des retours : soit des réajustements, soit, le cas échéant, un refus de la demande, mais ça se fait rare aujourd’hui. Quand on réajuste, on renvoie la documentation, et on obtient le référencement de notre offre.

Thomas Talbi : Donc, dans certains cas, les points 3 et 4 peuvent être facultatifs, si l’analyse débouche dès le premier passage sur l’acceptation du dossier, et donc le référencement de l’offre sur la plateforme.

Justine : C’est ça. Ce qu’il faut réellement retenir, c’est que, d’une manière générale, le dépôt ne veut pas forcément dire qu’il y a une validation derrière. Il y a un vrai contrôle qui est fait, et, comme pour Qualiopi, il y a des surveillances qui sont faites sur EDOF. Ça veut dire que si, au bout de six mois par exemple, on voit que votre offre ne correspond plus réellement, ou que des choses ont été modifiées, vous pouvez perdre votre référencement.

Thomas Talbi : Je pense que ça fait le lien avec l’étape 4, celle du suivi et de la pérennisation de l’offre. Finalement, quand l’offre est référencée, à quoi doit s’attendre l’organisme pour qu’elle reste bien disponible pour les titulaires du CPF ?

Justine : La mise à jour de son offre : s’il y a des choses qui ont été modifiées, ou qui ne correspondent plus réellement à la montée en compétences par exemple, on peut directement les modifier. Anticiper les contrôles, avec l’ensemble des preuves : récolter ce qu’il faut pour montrer qu’on a fait un vrai suivi, de vraies évaluations. Et continuer de s’adapter aux évolutions du CPF, qui continue de se modifier. Il faut donc continuer à faire de la veille, et pouvoir adapter sa démarche tout de suite.

Thomas Talbi : Je pense que le cas le plus attendu, c’est plutôt de faire enregistrer soi-même son offre ; c’est ce que je vois dans les échanges. On va prendre du temps sur la partie questions pour vous apporter plus de précisions sur ce que vous devez faire pour arriver jusque-là. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’accompagnement pour l’enregistrement va dans tous les cas vous permettre d’être plus efficace. Généralement, les organismes qui décident d’y aller tout seuls sont des entreprises qui disposent de plusieurs personnes pouvant se dédier vraiment à ce projet. Et même certaines entreprises qui ont les moyens humains de se lancer préfèrent faire appel à un accompagnateur pour avoir cette expertise. En conclusion, Justine, quels sont les points essentiels sur ce sujet du référencement ?

Justine : Qu’EDOF, ce n’est pas une simple plateforme où l’on dépose ses formations pour pouvoir les vendre. Il y a un vrai suivi à faire : il faut faire vivre sa formation sur EDOF, avec les éléments qu’on a pu voir jusqu’à maintenant. Toutes les formations ne sont pas forcément éligibles au CPF. Il y a donc une vraie rigueur à tenir : si votre offre est dès le départ mal structurée, mal formalisée, s’il lui manque des éléments, elle ne peut pas obtenir son référencement directement sur EDOF. Le référencement n’est jamais définitif, il ne faut pas le prendre pour acquis : il peut être validé au dépôt du dossier, mais avec le temps, vous pouvez être déréférencé, si par exemple une nouvelle loi sur le CPF entre en vigueur, que vous n’en avez pas tenu compte et que vous ne faites pas les modifications nécessaires sur votre formation.

EDOF, c’est un levier, mais ce n’est pas une obligation. Le CPF, aujourd’hui, c’est un vrai choix stratégique de financement. Il y a d’autres financements possibles. Donc si vous n’êtes pas prêt à avoir cette rigueur et à faire ce qu’il faut pour accéder à ces financements, autant en choisir un autre. Mais par contre, ça peut être un vrai levier stratégique si vous gardez votre référencement sur EDOF, et donc l’accès direct au CPF.

Questions-réponses : choisir et différencier son offre

Thomas Talbi : Sur le sujet du choix de l’offre, je vois qu’il y a des interrogations dans l’espace questions, notamment d’une personne qui réalise des formations dans le domaine du massage. Comment, en tant qu’organisme, savoir à partir de son activité s’il y a la possibilité de passer par le financement CPF, sans, je pense, réinventer ou restructurer son activité ?

Justine : Je pense qu’il n’y a pas forcément de complication de ce côté-là, parce qu’il peut y avoir un vrai besoin au niveau du CPF. Déjà, peut-être regarder ce qui se fait sur le catalogue de Mon Compte Formation, voir les possibilités qu’il y a, sans pour autant changer. De toute façon, je pars du principe qu’on s’inspire souvent des autres. On peut avoir des manières différentes de construire sa formation, des modules différents, ou similaires mais sur lesquels on va plus loin, ou qu’on décline sur différents massages. Au niveau des évaluations aussi, on peut très bien partir sur des évaluations totalement différentes, des exercices, des outils pédagogiques novateurs par rapport à ce qu’on peut voir directement sur la plateforme Mon Compte Formation.

Thomas Talbi : Du coup, on peut par définition tout faire enregistrer sur EDOF, à condition qu’il y ait un besoin sur le marché.

Justine : C’est ça, tout à fait. Et qu’on trouve une certification qui nous corresponde pour pouvoir avoir ce référencement.

Thomas Talbi : Une personne se demandait si, pour accéder à EDOF, il faut être le premier sur la formation, ou s’il peut déjà y avoir plusieurs offres existantes et quand même arriver à faire référencer son offre sur la plateforme.

Justine : On peut avoir déjà plusieurs offres et réussir à faire référencer sa formation. Comme je vous le dis, on n’a peut-être pas tous la même vision. Si l’on reparle du massage : de la formation pure et dure, de comment est le procédé, de comment vous accueillez votre clientèle. Est-ce que vous mettez un module sur l’hygiène ou pas ? Peut-être que d’autres ne le feront pas. Comment vous faites le massage, les techniques que vous utilisez, les crèmes que vous utilisez : ça va vraiment être une question de vision.

Il ne faut pas oublier qu’une formation, ça reste assez humain. Il y a un humain derrière, un formateur qui anime la formation : il faut que cette formation lui parle et qu’elle corresponde à ses valeurs et à ses exigences. On ne court pas uniquement après un référencement et une certification. On parle d’une vraie formation qui vous ressemble et qui permet de montrer votre singularité. Ce n’est que mon avis.

Thomas Talbi : Donc on peut avoir deux offres similaires, mais qui doivent quand même se distinguer sur un point, que ce soit l’approche, les valeurs ou autre chose.

Justine : Oui, c’est ça. Sur la technique, par exemple : il y a plusieurs styles de massage aujourd’hui, et on peut avoir plusieurs formations parce que tout le monde n’utilise pas les mêmes techniques. On peut avoir les pierres chaudes… Je ne suis pas une très grande connaisseuse en massage, mais on peut avoir plusieurs techniques. Par exemple, un comptable n’utilise pas forcément toutes les techniques. Il y a la base de la base, bien entendu, mais on peut avoir des outils qui diffèrent d’une formation à une autre, parce que ce sont des expériences différentes. Le formateur utilise souvent son acquis et son savoir pour construire sa formation, et c’est ce qui fait la singularité de sa formation.

Thomas Talbi : Une question d’un participant : qu’en est-il des certificateurs professionnels qui valident des formations et les proposent à des organismes de formation qui ont un module identique, et qui peuvent ainsi porter la formation proposée moyennant commissions ?

Justine : Qu’est-ce qu’il entend dans cette question ? Est-ce qu’on parle plutôt du certificateur ou des formations proposées ? À la base, un certificateur a une formation. Par exemple, moi, demain, j’ai ma propre formation de massage, et toi, Thomas, tu veux la faire référencer : tu as une formation, mais tu ne peux pas parce que tu n’as pas de référencement. On peut très bien faire un partenariat ensemble, et tu deviens sous-traitant sur cette certification. Mais tu viens peut-être me proposer des manières différentes : elle n’est pas forcément identique. Moi, j’ai ma base, et toi, tu peux très bien avoir ma base et l’agrémenter d’autres exercices, d’autres outils. C’est vraiment ça qu’il faut voir : on peut tous partir de la même base, mais utiliser des choses différentes.

Votre offre reste votre offre. C’est vous qui allez devoir démarcher des certificateurs dans votre branche — pardon Thomas, je viens de voir son commentaire, donc je réponds dans la foulée —, aller démarcher des certificateurs pour leur montrer votre projet de formation, et qui correspondent à vos valeurs. Vous pouvez avoir des refus comme des validations directes, parce que le projet leur convient, et ils peuvent ensuite garder leurs exigences. C’est une vraie collaboration entre les deux.

L’accompagnement proposé par Docteur Certif

Thomas Talbi : Il y a aussi des questions sur ce que vous proposez chez Docteur Certif. Une question générale sur laquelle vous pouvez vous positionner : quel est le coût d’un accompagnement ? Et une question d’une participante, qui se demande ce que vous proposez en termes de prestations : est-ce que vous enregistrez les formations au RSCH, est-ce que vous mettez la formation sur EDOF ? Qu’est-ce que vous faites ?

Jonathan Minakian : On fait tout ce qui vient d’être demandé. On enregistre des titres auprès de France Compétences, que ce soit au Répertoire spécifique ou au Répertoire national. Évidemment, comme on l’a vu, il est absolument nécessaire d’ouvrir son compte EDOF, donc on fait des accompagnements à l’ouverture du compte EDOF. J’ajoute une petite chose qui a malgré tout son importance. On voit que c’est un sujet relativement complexe : ce type de montage, pour ce dossier EDOF, est extrêmement minutieux. Quand on le fait seul, ça peut paraître complexe, parce que ça l’est, et ça peut être long. En revanche, être accompagné sur ces sujets permet vraiment de gagner un temps fou. Pour donner un chiffre concret, on est sur un retour de la Caisse des Dépôts et Consignations pour l’ouverture d’EDOF en deux à trois mois.

Donc oui, on s’occupe de l’ouverture du compte EDOF, on enregistre des formations auprès de France Compétences, et évidemment on peut servir de lien aussi — c’est souvent utilisé par les organismes de formation avec lesquels on travaille — pour trouver des certificateurs qui vont habiliter l’organisme de formation à utiliser telle ou telle formation enregistrée par le certificateur. Voilà, on fait ces trois choses-là.

En termes de coût : pour l’ouverture d’un compte EDOF, ce qui correspond finalement à l’activation de l’accès EDOF pour l’organisme de formation, donc avoir un accès EDOF opérationnel, plus un dossier déposé et sa traçabilité, avec les captures, les mails, le portail, et cetera, on fournit aussi un guide interne « Premiers pas EDOF » et une première fiche d’offre CPF prête à publier : on est sur [tarif communiqué sur devis]. Pour l’enregistrement des formations auprès de France Compétences au Répertoire spécifique, on est sur [tarif communiqué sur devis], et au RNCP, sur [tarif communiqué sur devis]. Et ensuite, en ce qui concerne la recherche de certificateurs qui vont pouvoir habiliter l’organisme de formation, pour finalement obtenir le CPF, on est sur [tarif communiqué sur devis].

Questions-réponses : certificateurs et répertoires

Thomas Talbi : Merci Niels pour ces réponses. J’ai changé la slide, mais on était déjà bien engagés dans la séance de questions-réponses. Il nous reste encore une vingtaine de minutes pour traiter les questions. Je vous fais quand même quelques rappels avant la fin de la présentation. Pour les personnes qui ont un projet de certification, notre équipe ICPF est disponible dès maintenant par téléphone : vous avez le numéro qui s’affiche à l’écran, le 01 82 83 56 40, et aussi la possibilité de prendre rendez-vous avec l’une de ces personnes pour effectuer vos démarches.

Vous allez recevoir à la fin de la présentation le support ainsi que le replay. Pour cela, vous allez devoir compléter notre questionnaire de satisfaction, dans lequel on vous demande ce que vous avez pensé du webinaire, la qualité du support, de l’intervention, du son, de la vidéo, et cetera. C’est aussi l’occasion pour vous de proposer de nouvelles thématiques que vous souhaitez voir dans de prochains webinaires. À la fin de ce questionnaire, vous avez deux liens pour accéder à tout ce qu’il vous faut.

On revient sur les questions. Une question d’une participante : qui sont les certificateurs ? Avant de répondre, je vous rappelle que vous avez toujours la possibilité de voter pour les questions qui vous semblent les plus pertinentes : on pourra ainsi traiter celles qui vous intéressent le plus, car je pense qu’on n’aura pas le temps de tout voir dans les 20 minutes qui nous restent. Alors, qui sont les certificateurs ? Tout dépend si vous cherchez des certificateurs qualité : ICPF en est un, parmi la trentaine qui existent à peu près aujourd’hui sur le marché. Pour les certificateurs professionnels, vous devez pouvoir retrouver une liste à partir du site de France Compétences, qui liste tous les certificateurs enregistrés aujourd’hui : il y a un annuaire par certification. Vous pouvez vous rendre directement sur leur site.

Question d’une participante : comment inscrire sa formation au RS ? Y a-t-il un site spécifique ?

Justine : Pour le RS, c’est la plateforme de France Compétences. Et pareil pour le RNCP, il faut passer par le même site. C’est eux qui vont évaluer les dossiers.

Questions-réponses : faire certifier sa propre formation, délais

Thomas Talbi : Question suivante. Je vais effectuer un tri par vote. La question la plus votée, celle d’un participant, a déjà été traitée, mais peut-être qu’on peut faire une synthèse sur le sujet. Il demandait comment faire certifier sa propre formation : quelle démarche entreprendre ? En une phrase peut-être, Justine, pour revenir sur ce point.

Justine : Il faut monter un dossier avec plusieurs éléments. Il va y avoir des données chiffrées sur votre expertise à vous, vos compétences en tant que formateur ; sur la formation : comment elle est construite, ce qu’on y met à l’intérieur, quels sont les objectifs, le contenu, les outils pédagogiques qu’on utilise. Est-ce que le centre de formation a plusieurs formateurs qui interviennent sur cette formation ? Si oui, quelles sont leurs compétences et leur expérience ? Est-ce que cette formation répond à un réel besoin aujourd’hui en France ? Et aussi toutes les données chiffrées sur vos formations passées — la même formation, pas votre catalogue, celle que vous voulez faire certifier. Sur les dernières années, combien de stagiaires avez-vous eus ? Quelle est la satisfaction ? Combien ont trouvé un emploi par la suite, si c’est un RNCP ; pour un RS, la validation ? Et si vous avez des témoignages, et cetera, de vos anciens bénéficiaires.

Thomas Talbi : Une question de…

Justine : Suite à ça, on dépose le dossier…

Thomas Talbi : Vas-y, je te laisse finir ta réponse, Justine. Je sais qu’on a un décalage, je pensais que tu avais terminé.

Justine : Suite à ça, on va déposer le dossier sur France Compétences, avec tous les éléments attendus. On aura un retour en fonction du temps d’attente : ça peut être entre trois et six mois, ça dépend du nombre de certifications déposées en même temps que la vôtre.

Thomas Talbi : OK, merci. Question d’un participant, qui se demande en toute sincérité si, en tant que formateur seul, il est possible de mener un projet d’enregistrement au RS ou au RNCP. Est-ce que c’est atteignable, réalisable, pour arriver jusqu’à EDOF ou au CPF, et combien de temps ça prend en étant tout seul ?

Jonathan Minakian : Ça dépend de l’intensité qu’il va pouvoir mettre dans son travail. Mais grosso modo, une personne, nous, on le voit par expérience… [coupure de connexion]

Thomas Talbi : Je pense que ça a coupé. Est-ce que Justine, tu peux prendre la suite sur la réponse ? Je pense qu’il y a un problème de connexion du côté de Niels.

Justine : Oui, tout à fait. Pour EDOF, ça va dépendre. Pour la création et le dépôt, on peut tourner autour d’une bonne semaine, deux semaines de travail. Après, ça va dépendre des modifications qu’il y a à faire. Chacun a sa rapidité, l’intensité qu’on y met, le temps qu’on y consacre, et puis la formation aussi : si elle dure un jour ou cinq jours, c’est différent au niveau de la création du dossier. Pour le RS et le RNCP, c’est pareil, c’est dur de quantifier quand on n’a pas réellement la formation sous les yeux, mais je dirais en moyenne deux mois de création du dossier. Et après, ça va dépendre aussi des retours qu’on a de France Compétences, du temps qu’ils mettent à nous répondre, si ça a été validé du premier coup ou s’il y a des modifications à apporter derrière.

Thomas Talbi : Et ça dépend aussi de votre formation, si c’est une formation longue ou courte. La réponse est donc que c’est réalisable, mais que ça prend du temps, et il faut aussi, je pense, savoir arbitrer entre l’activité de formation et les projets que vous avez à côté : savoir si vous êtes prêt à investir ce temps-là, et à ne plus effectuer pendant ce temps votre activité de formateur.

Jonathan Minakian : Souvent, en étant seul, c’est faisable, mais avoir l’expertise d’un expert dans ce domaine est quand même souvent conseillé, surtout pour tout ce qui est RS et RNCP, parce que ça demande beaucoup de temps, et la tournure des phrases, la manière dont on présente le projet, a son importance. Je ne sais pas si on m’entend, Thomas ?

Thomas Talbi : Oui, on t’entend.

Jonathan Minakian : C’est vraiment important pour ce participant. C’est vrai qu’il a son activité de formateur : à voir s’il peut jongler, s’il peut avoir assez de temps pour monter lui-même son dossier France Compétences, EDOF, CPF. C’est faisable. Mais juste un chiffre : nous, par expérience, on sait qu’une personne seule met entre neuf mois et un an pour arriver à tout ça. Quand nous accompagnons nos clients, en six mois maximum, tout ça est fait.

Thomas Talbi : D’ailleurs, pour rester sur la notion de délai, on a la question d’un participant qui s’intéressait à une étape plus précise du parcours : combien de temps prend l’étape 3 ? Je ne l’ai plus en tête… Je ne suis pas sûr de comprendre, je vais l’afficher à l’écran : « Combien de temps prend l’étape 3 ? Refus EDOF en décembre avec des documents identiques à ceux envoyés pour le RS. »

Jonathan Minakian : Si je peux me permettre de répondre là-dessus : ça dépend sur qui on tombe à la Caisse des Dépôts et Consignations. Mais grosso modo, une fois que vous avez déposé votre demande d’ouverture de compte EDOF, si vous avez un refus, ils vont généralement être réceptifs sous deux à trois semaines pour une nouvelle demande ou une amélioration des pièces.

Questions-réponses : contrôles, prix et sous-traitance

Thomas Talbi : OK. Toujours sur une notion de traitement de dossier, voici la situation d’un participant : « Suite à un contrôle EDOF, j’ai dû répondre à l’indicateur 8.1 : l’organisme de formation ne présente pas un positionnement prix de l’action de formation anormalement bas ou anormalement haut au regard du prix moyen pratiqué dans la profession. » Comment savoir si le prix proposé par l’organisme correspond à la moyenne du marché, sans avoir à subir un contrôle qui aboutit sur ce point ?

Jonathan Minakian : Je te laisse répondre, Justine. C’est vrai qu’il y a des réponses sacrément tarabiscotées de la part de la Caisse des Dépôts et Consignations : il faut vraiment savoir lire entre les lignes, ce n’est vraiment pas évident. C’est pour ça qu’une phrase comme ça, sortie de son contexte, mérite d’avoir un droit de regard sur l’entièreté du dossier. C’est intéressant : ça arrive souvent, des réponses comme celle-ci. Il faut se poser et regarder l’entièreté du dossier. S’il a besoin, il peut nous appeler, on essaiera de lui donner un petit coup de main.

Justine : Oui. Et pour y répondre plus techniquement : là, on parle de prix. Ce qu’on veut voir, c’est si le prix est beaucoup trop haut — on parle de très haut, une fourchette beaucoup trop haute — ou, à l’inverse, beaucoup trop bas. Ce qu’on veut voir, c’est qu’on reste dans les prix moyens de la concurrence. Pour savoir à peu près si nos prix correspondent au marché, il faut quand même faire une étude de marché, voir ce qui se fait autour de cette formation, pour ensuite baser son prix dessus.

Thomas Talbi : Une question d’un participant — je ne l’ai plus sous les yeux, elle a filé… Voilà : « Beaucoup de centres proposant des offres CPF se voient contrôlés par la Caisse des Dépôts, puis se font geler leurs paiements. Il serait apparemment préférable de rester en dessous de 100 000 euros de chiffre d’affaires mensuel. Est-ce vrai ? »

Jonathan Minakian : Je ne sais pas si c’est une réalité, mais c’est aussi souvent ce que j’ai entendu. On a déjà eu des clients qui se sont fait contrôler pour leur CPF et, effectivement, ils avaient un chiffre d’affaires relativement supérieur à 100 000 €. En l’occurrence, c’est vrai qu’il y a une certaine automaticité des contrôles lorsqu’on dépasse 100 000 €. Encore une fois, si on fait tout dans les règles, absolument parfaitement, le contrôle se passe bien.

Thomas Talbi : Sur le point du contrôle, je ne sais pas si le sujet est celui des plus ou moins de 100 000 € à l’année. Mais il y a un sujet sur tout ce qui va être déclaration de sous-traitance. Notamment, jusqu’à fin 2025, il y avait l’obligation d’effectuer une déclaration de sous-traitance, même si vous n’aviez d’ailleurs pas de sous-traitant. La Caisse des Dépôts a mis en place ces contrôles pour les organismes qui faisaient appel à des sous-traitants au-delà d’un certain seuil de chiffre d’affaires. Avec la sous-traitance, ce qu’il est possible de faire, c’est de leur confier jusqu’à 80 % de votre chiffre d’affaires réalisé : vous avez donc 20 % à faire vous-même. Et si vous ne respectez pas ces seuils, le résultat peut être un contrôle, qui débouche ensuite sur un déréférencement de l’offre, voire de l’organisme, sur la plateforme. C’est peut-être pour d’autres raisons, mais en tout cas, sur ce point de la sous-traitance, je sais que c’est en cours actuellement.

Jonathan Minakian : Oui, mais c’est une mise en place relativement récente. Je pense que ce dont ce monsieur nous parlait datait peut-être de 2025 ou 2024. C’est une question récurrente chez les organismes de formation qui ont leur compte EDOF ouvert et qui sont au CPF : s’ils dépassent les 100 000 €, il y a souvent une automaticité. Et il s’avère que vous avez des organismes de formation qui montent parfois plusieurs organismes de formation, pour avoir plusieurs comptes EDOF, afin de diluer leur chiffre d’affaires et ainsi de ne pas avoir de contrôle automatique.

Thomas Talbi : OK, merci pour l’information. Une autre question, posée par une participante : en VAE, est-ce que France VAE et EDOF sont connectés automatiquement, ou faut-il faire deux démarches séparées ? Et concrètement, combien de temps faut-il prévoir pour être référencé sur EDOF et activer le CPF ? La notion de délai, on l’a vue ; je pense qu’on va plutôt traiter le début de la question, sur le lien entre France VAE d’un côté et EDOF de l’autre. Vas-y, Justine.

Justine : Il y a un lien, mais dans tous les cas, il faut faire deux démarches différentes. C’est comme pour tout : EDOF a vraiment sa structure, le dépôt du dossier, et cetera. Ça ne se fait pas automatiquement à partir d’un autre site. Ce sont vraiment deux démarches différentes : même si le contenu peut être le même, ça reste deux dépôts différents.

Questions-réponses : passer par un certificateur professionnel

Thomas Talbi : Je suis à la recherche de questions qu’on n’aurait pas traitées, parce que je vois qu’il y a des doublons. Si vous en voyez, Justine ou Niels, je vous invite à les traiter directement. J’en envoie une d’une participante, que je vais lire en même temps : « Si je simplifie, je souhaite faire référencer mes modules de formation via un certificateur professionnel, vu la complexité à le faire soi-même, n’étant pas outillée pour cela. Ma question : comment identifier les certificateurs, les coûts associés et les calculs de retour sur investissement possibles pour s’engager dans cette démarche ? » J’avais vu aussi la question de la rentabilité : est-il rentable de passer par un certificateur professionnel pour accéder à EDOF ?

Jonathan Minakian : Si je peux me permettre, je vais prendre la parole. Sur France Compétences, vous avez tous les certificateurs qui ont déposé les titres RS et RNCP. En fonction du titre qui vous intéresse, il suffit de le noter dans la barre de recherche de France Compétences, et vous allez trouver les certificateurs, qui sont les propriétaires de ces titres enregistrés. À partir de là, vous les contactez, et ils vont vous dire si oui ou non ils acceptent d’habiliter votre organisme de formation à utiliser leur formation, au travers d’un dossier que vous devrez leur fournir, avec votre NDA, Qualiopi et l’ouverture du compte EDOF.

S’ils acceptent de vous habiliter, ils vont vous faire une proposition chiffrée. Le plus généralement, ce sont des frais de dossier par apprenant, encore plus généralement autour de 200 à 250 € par dossier. Le plus souvent, afin de vous donner une habilitation, les certificateurs veulent être rassurés sur le nombre de formations que vous allez dispenser, et ils vendent donc souvent par paquets de dix. Ça dépend encore une fois des certificateurs. Vous multipliez dix par 250, et vous savez qu’il faut investir 2 500 € pour obtenir cette habilitation à la certification. Ensuite, c’est un calcul qui vous appartient dans votre business plan : allez-vous avoir beaucoup d’apprenants, avec un certain montant de chiffre d’affaires, et faire la soustraction avec le coût de l’habilitation à cette certification.

Thomas Talbi : On va prendre une dernière question ; il nous reste encore une minute avant de mettre un terme à la diffusion. Question d’un participant : est-il possible de combiner les trois stratégies pour s’inscrire sur EDOF, en fonction des différentes actions de formation que l’on souhaite proposer ? Je rappelle les trois stratégies. La première, c’est avec Qualiopi : utiliser seulement les actions éligibles de droit, donc le bilan de compétences ou la VAE. La deuxième, c’est de se faire habiliter par un certificateur professionnel qui a déjà ses actions de formation enregistrées. La troisième, c’est d’aller faire enregistrer votre propre offre sur les répertoires. Qu’est-ce que vous en pensez, Justine, Niels, en fonction de ce qu’on a dit tout au long de cette heure et demie ?

Jonathan Minakian : Effectivement, c’est vraiment au choix de chacun. Soit on a la liberté et l’indépendance, lorsqu’on enregistre sa propre formation auprès de France Compétences, que ce soit au RS ou au RNCP. Ça va vous permettre d’enregistrer votre formation avec vos modules de formation, et ensuite vous pourrez habiliter : une fois que vous êtes détenteur, propriétaire de ce titre RNCP ou RS, vous pourrez habiliter d’autres organismes de formation à utiliser votre formation, et ce sera vous qui pourrez facturer les 250 € par dossier, par exemple. L’avantage, c’est que vous êtes indépendant, vous êtes libre dans la formation, et c’est vous qui choisissez les organismes de formation qui vont pouvoir utiliser vos titres et vos certifications. L’inconvénient, on l’a vu, c’est que c’est long, c’est chronophage : parvenir à l’enregistrement d’une formation auprès de France Compétences est un travail extrêmement minutieux.

Pour l’habilitation, c’est l’inverse : vous ne serez pas libre. Vous devrez utiliser la formation de celui qui est détenteur du titre professionnel ou du RS, et vous devrez payer la cotisation par dossier. En revanche, cette habilitation interviendra plus rapidement, auprès d’un certificateur qui a envie de vous habiliter à utiliser sa formation.

Thomas Talbi : Merci Niels. Justine, un complément ?

Justine : C’est très clair, je pense qu’il a tout dit. Après, ça dépend aussi d’un choix stratégique et financier : tout dépend de la manière dont on veut faire évoluer son centre de formation et de la stratégie la mieux adaptée. Mais Niels vient de l’expliquer.

Conclusion

Thomas Talbi : Dernière réponse. Niels, Justine, intervention de qualité sur la thématique EDOF et CPF. C’est un plaisir de pouvoir vous accueillir sur cette thématique. On va conclure sur cela. Je vous remercie d’être restés jusqu’à la fin. On a eu un volume de questions assez important et on n’a malheureusement pas été en mesure de tout traiter. Pour les questions restantes sur la thématique du CPF, c’est surtout Docteur Certif qui est présent pour vous, puisque, comme vous l’aurez compris, l’accès au CPF et à EDOF ne fait pas partie du champ d’activité d’ICPF. Nous, on est focalisés sur la certification qualité. En tout cas, si c’est votre projet, nous sommes disponibles pour vous guider vers l’obtention, et pour le reste, ce sera avec Docteur Certif. Merci à vous. Peut-être un mot de la fin, Niels, avant de mettre un terme à tout ça ?

Jonathan Minakian : Merci Thomas de nous avoir accueillis. Merci à ICPF d’organiser ce webinaire, qu’on a coanimé ensemble. Je voudrais remercier aussi Justine, et puis surtout tous les présents qui sont restés jusqu’à la fin, parce que, sincèrement, on est sur un sujet relativement épineux et complexe. J’espère que toutes les explications auront pu… [coupure de connexion]

Thomas Talbi : Le mot de la fin, je pense qu’on ne l’aura pas : un dernier problème de connexion, je pense, du côté de Niels. Mais je pense que vous aurez compris la conclusion. Justine, je te laisse ajouter un dernier mot pour prendre la suite de Niels, et on pourra mettre un terme à l’événement.

Justine : D’accord. Merci déjà, Thomas, pour cet accueil. Merci à tous de nous avoir écoutés. J’espère qu’on a pu répondre à certaines de vos questions et lever certains freins. N’hésitez pas à revenir vers nous : vous avez nos coordonnées, que ce soit sur LinkedIn ou directement sur le PowerPoint qui vous sera envoyé. N’hésitez pas à revenir vers nous, pour qu’on puisse vous accompagner au mieux et répondre à vos questions sur ce sujet, qui est, je l’avoue, très technique et parfois difficile à comprendre. Merci à tous, et à bientôt.

Jonathan Minakian

Rédigé par

Jonathan Minakian

Jonathan Minakian est le fondateur de Docteur Certif, il accompagne les organismes de formation et les CFA vers la certification Qualiopi, l'ISO 9001 et le référencement CPF, avec un engagement certifié ou remboursé.

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