cropped logo docteur certif accompagnement qualiopi

Preuves Qualiopi : la liste des justificatifs par indicateur

En bref : les preuves Qualiopi sont les documents et les traces qui montrent à l’auditeur qu’un organisme de formation applique réellement chacun des indicateurs du référentiel national qualité. À partir du 1er novembre 2026, ce référentiel compte 7 critères et 33 indicateurs (décret n° 2026-728 du 1er août 2026) ; jusqu’au 31 octobre 2026, il en compte 32. Cette page donne, indicateur par indicateur, des exemples de preuves et les points de vigilance. Ce sont des exemples courants, pas une liste officielle : aucun texte ne fixe la liste des pièces à fournir.

Qu’est-ce qu’une preuve Qualiopi ?

Une preuve Qualiopi est un élément concret, daté et rattaché à une prestation réelle, qui démontre qu’une exigence du référentiel est appliquée : un document rempli, un enregistrement, un échange écrit, une capture de plateforme, un compte rendu. Une pratique sans trace ne peut pas être constatée par l’auditeur, quelle que soit la bonne foi de l’organisme.

Une preuve recevable réunit quatre qualités :

  • Pertinente : elle répond directement à l’indicateur audité.
  • Datée et authentique : c’est un document utilisé, pas un modèle vierge.
  • Traçable : on sait qui l’a produite, pour quelle action et quel bénéficiaire.
  • Accessible : elle se retrouve vite, grâce à un classement par indicateur.

L’auditeur est mandaté par l’organisme certificateur, accrédité par le COFRAC. Il vérifie que les preuves existent et qu’elles correspondent aux prestations réellement délivrées.

Quels indicateurs s’appliquent à votre organisme ?

Les preuves à réunir dépendent des catégories d’actions certifiées. L’annexe du décret n° 2026-728 indique, pour chaque indicateur, les catégories auxquelles il s’applique : 22 indicateurs sont communs aux quatre catégories, les autres sont spécifiques.

Catégorie d’actions Indicateurs applicables au 1er novembre 2026
Bilans de compétences 22 : les indicateurs communs
Validation des acquis de l’expérience (VAE) 24 : les communs, plus les indicateurs 3 et 16
Actions de formation 28 : les communs, plus les indicateurs 3, 7, 8, 13, 16 et 28
Actions de formation par apprentissage 33 : tous les indicateurs

Certains indicateurs ne jouent en outre que dans une situation précise : les indicateurs 3, 7 et 16 lorsque la prestation conduit à une certification professionnelle, le 13 pour les formations en alternance, le 27 en cas de sous-traitance ou de portage salarial, le 28 lorsque le parcours comprend des périodes de formation en situation de travail. Hors de ces situations, l’indicateur ne s’applique pas.

Preuves Qualiopi par indicateur : exemples critère par critère

Les tableaux suivants reprennent les 33 indicateurs du référentiel applicable à partir du 1er novembre 2026. Pour chacun : son objet résumé, les catégories concernées, des exemples de preuves et un point de vigilance. Les exemples sont donnés à titre indicatif : d’autres pièces peuvent convenir, et le guide de lecture du ministère du Travail propose ses propres exemples. Chaque numéro renvoie à la fiche détaillée de l’indicateur.

Critère 1 : information du public (indicateurs 1 à 3)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
1 Information détaillée et vérifiable sur l’offre. Toutes catégories. Fiche formation en ligne listant prérequis, objectifs, durée, modalités, délais d’accès, tarifs, contacts, méthodes, modalités d’évaluation et accessibilité ; catalogue daté. Une rubrique manquante, souvent les délais d’accès ou l’accessibilité. Aucune mention ne doit induire le public en erreur, notamment sur le financement ou la poursuite d’études.
2 Indicateurs de résultats. Toutes catégories. Taux de satisfaction, d’abandon ou de réussite publiés, avec leur période et leur mode de calcul. Un chiffre affiché sans date ni méthode de calcul.
3 Résultats des certifications préparées. Formation, VAE, apprentissage, si certification professionnelle. Taux d’obtention par certification ; information sur les blocs de compétences, les équivalences, les passerelles, les suites de parcours et les débouchés. Un simple renvoi vers la fiche de la certification, sans taux propre à l’organisme.

Critère 2 : objectifs et conception des prestations (indicateurs 4 à 8)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
4 Analyse du besoin. Toutes catégories. Questionnaire de recueil des besoins rempli, compte rendu d’entretien avec l’entreprise ou le financeur, cahier des charges. Un besoin analysé oralement, sans aucune trace.
5 Objectifs opérationnels et évaluables. Toutes catégories. Programme dont les objectifs disent ce que le bénéficiaire saura faire, avec des verbes d’action observables. Des objectifs qui ne sont qu’une liste de thèmes.
6 Contenus et modalités adaptés. Toutes catégories. Programme détaillé, déroulé pédagogique, version adaptée à un public ou à une entreprise. Un programme unique pour tous les publics, sans justification.
7 Adéquation à la certification visée. Formation, apprentissage, si certification professionnelle. Tableau de correspondance entre le programme et le référentiel de la certification ; habilitation ou convention avec le certificateur. Aucune preuve de la capacité à préparer la certification, ou de l’habilitation.
8 Positionnement et évaluation des acquis à l’entrée. Formation, apprentissage. Test de positionnement corrigé, grille d’entretien, résultats conservés par bénéficiaire. Un positionnement réalisé sans effet visible sur le parcours proposé.

Critère 3 : accueil, suivi et évaluation des bénéficiaires (indicateurs 9 à 16)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
9 Information sur le déroulement. Toutes catégories. Convocation, livret d’accueil, règlement intérieur, planning remis au bénéficiaire. Des documents qui existent, mais dont l’envoi n’est pas tracé.
10 Adaptation de la prestation, de l’accompagnement et du suivi. Toutes catégories. Émargements, comptes rendus de suivi, aménagements notés au dossier du bénéficiaire. Un suivi uniquement oral.
11 Évaluation de l’atteinte des objectifs. Toutes catégories. Grilles d’évaluation, QCM corrigés, mises en situation notées, dossier de suivi du candidat en VAE. Une évaluation sans lien avec les objectifs fixés, ou confondue avec le questionnaire de satisfaction.
12 Engagement des bénéficiaires, prévention des ruptures et des violences. Toutes catégories. Procédure de relance des absents, suivi des abandons, procédure de signalement et de traitement des violences, du harcèlement et des discriminations. Le volet violences, dont les violences sexistes et sexuelles, oublié : il figure dans la version applicable au 1er novembre 2026.
13 Coordination entre centre et entreprise en alternance. Formation, apprentissage. Livret d’alternance, comptes rendus d’échanges entre tuteur et formateur, calendrier d’alternance. Aucune trace des missions anticipées avec l’entreprise.
14 Accompagnement socio-professionnel, éducatif et citoyen. Apprentissage. Actions d’accompagnement tracées ; procédure de traitement sans délai des ruptures liées à des difficultés, des violences ou des discriminations. Une procédure générale, sans circuit de traitement immédiat.
15 Droits et devoirs des apprentis, santé et sécurité. Apprentissage. Livret d’accueil de l’apprenti : droits, règles de santé et de sécurité, dispositifs de signalement, coordonnées du médiateur de l’apprentissage. Une information non renforcée pour les apprentis mineurs.
16 Présentation à la certification. Formation, VAE, apprentissage, si certification professionnelle. Inscriptions aux sessions d’examen, règlement de l’autorité de certification, convocations. Les exigences formelles du certificateur non respectées : délais, pièces, modalités.

Critère 4 : moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement (indicateurs 17 à 20)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
17 Moyens humains et techniques, environnement. Toutes catégories. Liste du matériel, description des locaux, convention de mise à disposition d’une salle, accès à la plateforme. Une salle louée sans aucun document.
18 Coordination des intervenants. Toutes catégories. Planning des intervenants, comptes rendus de réunions pédagogiques, répartition écrite des rôles. Des rôles jamais définis entre pédagogie, administration et commercial.
19 Ressources pédagogiques et suivi à distance. Toutes catégories. Ressources remises, accès à la plateforme, relevés de connexion et d’activité ; désignation d’un référent pédagogique au-delà du nombre d’intervenants fixé par arrêté. À distance, aucune preuve que l’apprenant a réellement suivi les modules.
20 Mobilité, référent handicap, conseil de perfectionnement. Apprentissage. Désignations nominatives, comptes rendus du conseil de perfectionnement, traces de la participation des apprentis, formateurs et entreprises à la gouvernance. Un conseil de perfectionnement prévu mais jamais réuni.

Critère 5 : compétences des personnels (indicateurs 21 et 22)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
21 Compétences des intervenants. Toutes catégories. CV à jour reliés aux formations animées, diplômes, grille d’évaluation des intervenants, externes compris. Un CV ancien, sans lien avec le contenu enseigné.
22 Développement des compétences des salariés. Toutes catégories. Plan de développement des compétences, attestations de formation suivie, entretiens professionnels. Aucune action de développement sur la période auditée.

Critère 6 : environnement professionnel (indicateurs 23 à 29)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
23 Veille légale et réglementaire. Toutes catégories. Tableau de veille daté : source, résumé, impact, action décidée. Des abonnements sans trace d’exploitation.
24 Veille sur les compétences, les métiers et les emplois. Toutes catégories. Notes de veille sectorielle, échanges avec des entreprises, programme mis à jour en conséquence. Une veille qui ne change jamais rien aux formations.
25 Veille pédagogique et technologique. Toutes catégories. Compte rendu de test d’une méthode ou d’un outil, version modifiée d’un module. Un outil adopté sans veille, ou une veille sans évolution des prestations.
26 Handicap : expertises, outils et réseaux. Toutes catégories. Référent handicap identifié, contacts avec des réseaux spécialisés, aménagements réalisés. Aucune ressource externe mobilisable identifiée.
27 Sous-traitance et portage salarial. Toutes catégories, en cas de recours. Contrats de sous-traitance avec clauses qualité, preuves du contrôle exercé sur le sous-traitant. Un formateur sous-traitant sans contrat écrit ni suivi.
28 Réseau de partenaires pour la formation en situation de travail. Formation, apprentissage, si le parcours en comporte. Conventions avec des entreprises, comptes rendus de co-construction de l’ingénierie. Des partenariats cités, jamais documentés.
29 Insertion professionnelle et poursuite d’études. Apprentissage. Actions d’aide à la recherche d’entreprise, suivi du devenir des apprentis. Des actions menées sans aucun bilan.

Critère 7 : appréciations, réclamations et amélioration (indicateurs 30 à 33)

Indicateur Exemples de preuves Point de vigilance
30 Recueil des appréciations. Toutes catégories. Questionnaires des bénéficiaires, des financeurs le cas échéant, des équipes pédagogiques et des entreprises ; synthèses. Seuls les stagiaires sont interrogés.
31 Difficultés, réclamations et aléas. Toutes catégories. Procédure de traitement, registre des réclamations avec les réponses apportées, journal des aléas. Un registre vide parce qu’aucun canal de réclamation n’est proposé.
32 Amélioration continue et analyse des risques. Toutes catégories. Plan d’amélioration reliant chaque action à son origine, analyse des risques sur la qualité des formations. Des améliorations sans lien avec les retours recueillis. Détail dans la section suivante.
33 Évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants. Apprentissage. Questionnaire distinct du recueil de satisfaction, compte rendu de partage avec les équipes, mesure périodique de l’efficacité des actions. Un simple questionnaire de satisfaction présenté comme l’évaluation demandée.

Erreurs sur l’indicateur 32 : ce qui fait échouer la preuve

L’indicateur 32 demande au prestataire de mettre en place une démarche d’amélioration continue à partir de l’analyse des appréciations et des réclamations. Dans sa version applicable au 1er novembre 2026, il demande en plus une analyse des risques sur la qualité des formations délivrées. Il s’applique aux quatre catégories d’actions. Les erreurs les plus courantes tiennent à une chaîne de preuves incomplète :

  • Collecter sans analyser : des questionnaires (indicateur 30) et des réclamations (indicateur 31) archivés, sans synthèse ni conclusion.
  • Améliorer sans relier : un programme modifié, mais rien ne montre que la modification répond à un retour ou à une réclamation.
  • Décider sans suivre : un plan d’actions sans responsable, sans échéance ni vérification de l’effet obtenu.
  • Oublier l’analyse des risques : à partir du 1er novembre 2026, une démarche limitée aux retours ne couvre plus tout l’indicateur.
  • Confondre avec l’indicateur 33 : l’évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants est un indicateur distinct, réservé à l’apprentissage.

Une preuve solide de l’indicateur 32 tient souvent en un tableau : la source (retour, réclamation ou risque identifié), l’analyse, l’action décidée, le responsable, l’échéance et le résultat constaté. Le détail est sur la fiche de l’indicateur 32.

Comment constituer et organiser son dossier de preuves Qualiopi ?

Un dossier de preuves efficace est classé par indicateur, tenu à jour au fil des sessions et relié à une matrice qui dit, pour chaque indicateur, quelle preuve existe, qui la produit et à quelle fréquence. L’auditeur doit pouvoir passer d’un indicateur à sa preuve sans attendre.

  • Un dossier par indicateur, nommé par son numéro et son objet, par exemple « 11 Évaluation des acquis ».
  • Des noms de fichiers courts qui portent la date, la formation et le type de pièce.
  • Des versions conservées pour les programmes, les questionnaires et les procédures : elles montrent l’évolution d’un audit à l’autre.
  • Des exemples tirés de plusieurs formations, de formats différents (présentiel, distanciel, mixte), car l’auditeur peut en demander plusieurs.
  • Une collecte continue : questionnaires et grilles prêts avant chaque session, et une personne chargée de chaque type de pièce.
  • Une vérification avant l’audit : fichiers qui s’ouvrent, liens qui fonctionnent, signatures électroniques exploitables (voir la signature électronique en formation).

Un audit blanc permet ensuite de répondre aux questions de l’auditeur avec les seules pièces du dossier : les indicateurs sans preuve apparaissent d’eux-mêmes. Pour la préparation complète, voir la checklist Qualiopi et les questions posées en audit.

Audit initial ou de surveillance : quelles preuves présenter ?

À l’audit initial, l’auditeur vérifie que les processus sont en place et que les preuves disponibles couvrent chaque indicateur applicable. À l’audit de surveillance, réalisé entre le 14e et le 22e mois suivant l’obtention de la certification, il regarde la mise en œuvre sur la période écoulée : sessions réalisées, retours exploités, améliorations décidées et suivies. Le certificat est valable trois ans, et son renouvellement passe par un nouvel audit.

Les preuves de surveillance se préparent donc dès l’audit initial : conserver les synthèses de satisfaction, le registre des réclamations, le plan d’amélioration et le tableau de veille au fil des mois évite de devoir les reconstituer. Pour aller plus loin : ce que l’auditeur regarde à l’audit initial et l’audit de surveillance.

Questions fréquentes sur les preuves Qualiopi

Combien de preuves faut-il fournir par indicateur ?

Aucun texte ne fixe de nombre de preuves par indicateur. L’auditeur apprécie si les pièces présentées démontrent que l’exigence est appliquée sur la période auditée. Une preuve récente par indicateur applicable est un minimum ; sur l’évaluation, le suivi ou les réclamations, des pièces issues de plusieurs sessions rendent la démonstration plus solide.

Existe-t-il une liste officielle des preuves Qualiopi ?

Non. Le décret fixe les critères et les indicateurs, pas les pièces à fournir. Le guide de lecture du ministère du Travail donne, pour chaque indicateur, le niveau attendu et des exemples de preuves, à titre indicatif. Le guide diffusé jusqu’ici commente le référentiel à 32 indicateurs ; une version alignée sur les 33 indicateurs applicables au 1er novembre 2026 est attendue du ministère. Voir le guide de lecture Qualiopi.

Que se passe-t-il si une preuve manque le jour de l’audit ?

L’absence de preuve donne lieu à une non-conformité sur l’indicateur concerné. Une non-conformité mineure appelle un plan d’action à mettre en œuvre dans les six mois ; une non-conformité majeure doit être corrigée sous trois mois, et aucune certification n’est délivrée tant qu’elle reste ouverte (arrêté du 6 juin 2019, articles 1 et 5). Le détail est sur la page non-conformités Qualiopi.

Les preuves numériques sont-elles acceptées ?

Oui : le référentiel n’impose aucun support papier. Captures d’écran datées, exports de plateforme, courriels, formulaires en ligne et documents signés électroniquement sont utilisables, à condition d’être lisibles, rattachés à une session et à un bénéficiaire, et accessibles pendant l’audit.

Combien de temps conserver ses preuves ?

Les preuves servent d’un audit à l’autre : l’audit de surveillance porte sur la période écoulée depuis l’audit initial, et le renouvellement intervient à l’échéance des trois ans. Les conserver sur toute la durée du cycle de certification permet de démontrer l’amélioration continue.

Un formateur indépendant doit-il produire les mêmes preuves ?

Oui : le référentiel s’applique quelle que soit la taille de l’organisme, selon les catégories d’actions certifiées. Les preuves sont proportionnées à l’activité, et un indicateur lié à une situation absente ne s’applique pas : un formateur qui ne sous-traite pas et ne recourt pas au portage salarial n’est pas concerné par l’indicateur 27.

Docteur Certif est un cabinet d’accompagnement : il aide les organismes de formation à constituer et à vérifier leur dossier de preuves, indicateur par indicateur, avant l’audit mené par leur certificateur. Découvrir l’accompagnement à la certification Qualiopi.

Ces ressources s’appuient sur le Référentiel National Qualité — Les 7 critères Qualiopi et leurs indicateurs.

Parlons de votre projet

Besoin d'un avis sur votre dossier ?

Cette ressource vous aide à préparer votre certification. Pour un accompagnement sur mesure, nos experts Qualiopi examinent votre situation et vous disent où vous en êtes.

Jeune femme souriante tenant des documents, avec deux collègues travaillant en arrière-plan.
Nous contacter