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Comment se différencier quand on est Qualiopi ? Avec la RSE !

Jonathan Minakian30 min de lecture
Découvrez comment la RSE permet aux organismes de formation certifiés Qualiopi de renforcer leur crédibilité et de se démarquer.
Dans cet article

Vous êtes certifié Qualiopi, mais est-ce encore suffisant pour vous démarquer ? Aujourd’hui, la RSE devient un véritable atout pour renforcer la crédibilité de votre organisme de formation, répondre aux appels d’offres et valoriser les actions que vous mettez déjà en place au quotidien.

Dans cette vidéo, Jonathan Minakian et Mélanie Moretti vous expliquent comment construire une démarche RSE simple, concrète et adaptée à votre structure, que vous soyez organisme de formation, CFA, cabinet de coaching ou formateur indépendant. Bonne découverte !

Vidéo : Comment se différencier quand on est Qualiopi ? Avec la RSE !

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Note de la rédaction — vidéo mise en ligne le 23 juillet 2026, avant la publication du décret n° 2026-728 du 1er août 2026. Les propos reflètent la réglementation et les pratiques à cette date. Règles à jour : l’audit de surveillance a lieu entre le 14e et le 22e mois après l’obtention du certificat ; une non-conformité majeure se lève en 3 mois, une mineure en 6 mois ; le référentiel compte 33 indicateurs à partir du 1er novembre 2026 (32 jusqu’au 31 octobre 2026).

Résumé

Dans ce webinaire, Jonathan Minakian et Mélanie Moretti, consultante RSE chez Docteur Certif, expliquent que Qualiopi reste indispensable mais ne suffit plus à se différencier, et que beaucoup d’organismes de formation font déjà de la RSE sans l’avoir formalisée. Mélanie Moretti présente les trois dimensions de la RSE (sociale, environnementale, économique et de gouvernance), des exemples d’actions concrètes et la place des parties prenantes. Elle indique qu’à partir du 21 août 2026 les appels d’offres publics intégreront des critères RSE environnementaux et sociaux, et insiste sur la nécessité d’apporter des preuves et des indicateurs plutôt que de faire du greenwashing. Les intervenants répondent ensuite à des questions sur les indépendants, les sociétés à mission, les labels et l’accompagnement proposé.

Transcription

Trois phrases pour commencer

Jonathan Minakian : Bonjour à toutes et à tous. Vous n’êtes pas nombreux… On n’a pas beaucoup de public masculin aujourd’hui. Ah si, on a un participant, et un autre aussi. Vous êtes 22 participants aujourd’hui. Bonjour à toutes et tous, merci d’être présents avec nous en ce mercredi matin à 9 h 30 pour commencer la journée, c’est vraiment très agréable.

Je vais commencer par trois phrases. La première va peut-être vous surprendre, mais c’est que Qualiopi ne suffit plus. Attention, Qualiopi reste indispensable pour accéder à certains financements, mais aujourd’hui des milliers d’organismes sont certifiés : je crois qu’on en est à peu près à certifiés Qualiopi. Donc Qualiopi vous permet de participer finalement à la course aux apprenants, mais Qualiopi ne vous permet plus forcément de la gagner.

La deuxième phrase, c’est que la RSE, ce n’est pas une charte qu’on rédige pour la ranger dans un dossier. Tout simplement parce que si votre démarche RSE se limite à mettre un arbre vert sur votre site internet et à imprimer un petit peu moins de documents, votre audience le verra très vite.

Et la troisième phrase, c’est que vous faites probablement déjà de la RSE sans le savoir. Lorsque vous travaillez sur l’accessibilité de vos formations, la qualité de vie de vos équipes, l’inclusion, la sélection de vos intervenants, la réduction des déplacements, le choix de vos fournisseurs ou l’impact réel de vos prestations, en fait vous êtes déjà dans une logique RSE. Souvent, ces actions sont dispersées, elles ne sont pas structurées, donc elles ne sont pas mesurées et rarement valorisées.

Aujourd’hui, notre objectif n’est pas de vous transformer en expert de la RSE en moins d’une heure. On est sur un webinaire qui doit a priori durer 45 minutes, mais s’il y a des questions, évidemment, on pourra déborder de 10 ou 15 minutes, peut-être jusqu’à une heure. Notre objectif aujourd’hui est beaucoup plus concret. À la fin de ce webinaire, vous devez comprendre ce qu’est réellement la RSE, ce que vous faites probablement déjà, ce qu’elle peut apporter à votre organisation, et comment commencer facilement une démarche RSE.

Je souligne un point qui a son importance : la RSE ne produit pas les mêmes effets pour tout le monde. Pour un cabinet de coaching, elle va plutôt valoriser l’impact social et le management responsable. Un organisme spécialisé dans la finance peut créer de nouvelles formations et de nouveaux tableaux de bord. Dans l’alimentaire, par exemple, ça peut concerner le gaspillage, les achats responsables et les consommations. Dans l’immobilier, on peut intégrer la performance énergétique, les risques environnementaux et la valeur future des biens. Donc la bonne démarche RSE, ce n’est pas un copier-coller, ce n’est pas une démarche standardisée : c’est vraiment une démarche qui doit être adaptée à votre activité, à vos priorités et à vos clients.

Présentation des intervenants

Très rapidement, moi, je suis Jonathan Minakian. Avant de vous présenter Mélanie, notre experte du sujet RSE, je prends quelques secondes pour vous présenter qui on est. Docteur Certif accompagne les organismes de formation depuis leur création jusqu’à leur développement. On est vraiment une épaule sur laquelle se reposent les organismes de formation, pour que vous puissiez développer votre expertise et vos formations, et nous, on prend soin de toute la partie qui peut rapidement devenir très administrative, réglementaire ou commerciale.

On accompagne les organismes de formation dans l’obtention de leur NDA, dans l’obtention de Qualiopi, dans le maintien de Qualiopi, sur l’ouverture à EDOF et l’accessibilité au CPF. On fait de l’obtention de financements de formation pour nos partenaires organismes de formation qui ont besoin d’obtenir les financements pour leurs clients. On fait du développement commercial et de la gestion administrative au quotidien. Et évidemment, on structure et on valorise aussi une démarche RSE : c’est le sujet qui nous réunit aujourd’hui.

Je vous présente donc rapidement Mélanie, qui va nous parler de la RSE. J’ai le plaisir de l’accueillir aujourd’hui. C’est une experte de l’accompagnement RSE, consultante chez Docteur Certif. Mélanie, je te laisse la parole.

Mélanie Moretti : Bonjour à tous. Je me présente rapidement : je suis Mélanie Moretti. Je suis dans le domaine de la formation depuis plus de 20 ans, et j’observe une évolution du secteur. Les organismes de formation ne sont plus seulement attendus sur la qualité de la formation, comme tu le disais, Jonathan. Les structures de formation sont attendues sur leur engagement, leurs valeurs et leur impact.

L’objectif, c’est de vous montrer que la RSE peut être comprise simplement, qu’elle peut être utile à votre structure et qu’elle peut se mettre en place progressivement, sans usine à gaz. L’objectif, à l’issue, c’est que vous repartiez avec une idée : vous faites probablement déjà de la RSE sans l’avoir formalisé.

Deux sondages pour mieux connaître les participants

Jonathan Minakian : Je viens de mettre en place le PDF. Vous pouvez réserver un échange ou recevoir le support en cliquant sur le bouton si vous voulez être recontacté. Mélanie propose qu’on fasse un petit sondage. Vous êtes 30 participants pour 110 ou 130 inscrits. C’est peut-être un petit peu matinal pour les autres, à moins qu’ils se préparent pour le replay. Est-ce que tu veux que je lance le sondage ?

Mélanie Moretti : Oui. Ce qu’on vous propose, c’est de faire un premier sondage pour vous connaître un petit peu.

Jonathan Minakian : La question, c’est : quelle est la taille de votre organisme de formation, de votre entreprise ? Excusez-moi, j’ai fait une petite erreur sur la question : au lieu de « votre », j’ai mis « voter »… mais vous pouvez voter, justement. Est-ce qu’on voit le sondage ? J’ai l’impression que ça ne fonctionne pas. Ah si.

Donc le sondage, c’est : quelle est la taille de votre organisme de formation, de votre entreprise ? Est-ce que vous êtes indépendant, entre 2 et 5 personnes, entre 5 et 20, 20 personnes et plus ? L’idée, c’est de mieux vous connaître pour pouvoir proposer un déroulé du webinaire qui vous corresponde. Pour l’instant, on a six indépendants, une entreprise entre 2 et 5 personnes et entre 5 et 20. N’hésitez pas à voter. Vous êtes déjà 24 à avoir voté.

Finalement, on a sept indépendants, trois structures entre 2 et 5 personnes, une entre 5 et 20 personnes, et pour plus de 20 personnes, nous avons 11 entreprises ou organismes de formation. Merci pour ce vote. Mélanie, je te laisse continuer.

Mélanie Moretti : Ce qu’on vous propose pendant cette présentation, c’est de voir dans un premier temps la RSE : de quoi on parle quand on parle de RSE, les enjeux. On va aborder également les trois piliers, et la mise en route : comment démarrer la RSE. Nous nous sommes présentés tout à l’heure, donc je passe.

Je serais tentée de vous poser une question : parmi vous, qui s’est déjà dit « on entend parler de RSE partout, mais je ne sais pas vraiment ce que cela signifie pour mon organisme de formation » ? C’est exactement ce qu’on entend très souvent, et c’est ce que disait tout à l’heure Jonathan. Beaucoup d’organismes de formation sont dans cette situation. Les structures de formation sont déjà engagées et mettent déjà en place de nombreuses actions. En revanche, ces actions sont dispersées, et l’idée, c’est d’identifier ces actions pour pouvoir mettre en place une démarche RSE.

Au-delà du constat par rapport à Qualiopi, qui est devenu un prérequis au-delà de la qualité, y compris sur les appels d’offres publics, beaucoup de dirigeants se posent la question : pourquoi un client me choisirait-il ? Comment mettre en avant ce qui fait notre valeur ? Comment répondre aux attentes des entreprises, des donneurs d’ordre, et cetera ? L’idée, c’est vraiment de venir aborder ces éléments-là. Et ce qu’on va vous proposer, c’est de répondre à un deuxième sondage. On vous pose la question : qu’est-ce qui vous préoccupe le plus aujourd’hui ?

Jonathan Minakian : Alors, je le lance.

Mélanie Moretti : Est-ce que c’est se différencier de la concurrence, fidéliser ses clients, répondre aux appels d’offres, mobiliser ses équipes et attirer les nouveaux talents ? On vous laisse y répondre.

Intervenant : Pour le moment, on a huit personnes sur « se différencier de la concurrence », quatre pour fidéliser ses clients… plutôt quatre pour répondre aux appels d’offres, pardon, et quatre pour mobiliser ses équipes et attirer des talents. Onze pour se différencier de la concurrence. Cinq désormais pour mobiliser ses équipes et attirer des talents. Donc on voit que fidéliser ses clients, il n’y a pas d’intérêt là-dessus parmi nos participants. C’est étonnant.

Les trois dimensions de la RSE

Mélanie Moretti : Oui. Mais en tout cas, c’est justement là que la RSE prend tout son sens. Quand on parle de RSE, beaucoup imaginent immédiatement des normes, des labels, des obligations administratives. En réalité, c’est beaucoup plus simple que ça. La RSE consiste à se poser trois questions. Premièrement, quel impact avons-nous sur les personnes, en tout cas sur les parties prenantes ? Deuxièmement, quel impact avons-nous sur notre environnement ? Et troisièmement, comment puis-je assurer la pérennité de mon activité ?

La RSE intègre donc trois dimensions : la dimension sociale, environnementale et économique. Si on zoome un petit peu sur la partie sociale, l’idée, c’est de se demander : comment accueillez-vous vos apprenants ? Comment favorisez-vous l’inclusion ? Comment faites-vous monter en compétences vos équipes ? Quelles sont les conditions de travail ?

Si on aborde l’environnement : réduisez-vous vos impressions ? Favorisez-vous le distanciel lorsque c’est pertinent, que ce soit pour les apprenants ou pour les salariés ? Avez-vous réfléchi à votre impact du numérique et de l’IA ? Ce sont toutes ces questions-là qui peuvent être posées. Et concernant la gouvernance, l’économie : comment prenez-vous vos décisions ? Êtes-vous transparent ? Est-ce que mon activité est pérenne ? Ce sont ces questions-là qu’on va venir se poser concernant ces trois dimensions.

Les critères RSE dans les appels d’offres

Beaucoup d’organismes souhaitent aussi se différencier, et on a bien compris que vous souhaitiez vous différencier, d’après le sondage. Il y a un élément complémentaire que je voudrais vous apporter, notamment concernant la réponse aux appels d’offres, et en particulier les appels d’offres publics. À partir du 21 août 2026, les appels d’offres publics intégreront automatiquement des critères RSE sur les deux dimensions environnement et social. On demandera donc aux organismes, aux entreprises qui répondront, d’apporter des précisions sur ces deux critères.

Concernant la notation, ces critères peuvent être sur. Ça dépend de l’appel d’offres public, mais en tout cas, la RSE peut prendre de la place. L’idée, c’est de pouvoir démontrer sa démarche : si vous mettez en place la démarche RSE, vous pouvez la démontrer lorsque vous répondez aux appels d’offres, et c’est différent que d’affirmer simplement son engagement. Une personne qui répondra à ces critères en donnant une affirmation, « Oui, nous sommes engagés RSE »… quand on est dans une réelle démarche, on a un autre poids.

Une petite précision concernant les appels d’offres : il y a également les appels d’offres privés. Les appels d’offres privés intègrent également la démarche RSE, d’autant que souvent, dans le privé, les structures sont elles-mêmes dans une démarche RSE et attendent des personnes qui répondront une démarche RSE assez importante. Les entreprises recherchent de plus en plus de partenaires qui partagent leur engagement. Et ça peut également être un bon levier pour vos équipes, pour mobiliser les équipes.

Jonathan Minakian : Vous pouvez nous dire dans le chat si vous répondez actuellement aux appels d’offres, si vous commencez à voir, pour les organismes de formation, que les OPCO vous demandent si vous êtes « RSE compatible » ou pas. En tout cas, à partir du 21 août 2026, et là on n’a plus qu’un mois, cette démarche RSE prend tout son sens pour pouvoir gagner ces appels d’offres. Si je devais compléter, Mélanie, tu me dis si je fais une erreur, mais ça veut vraiment dire qu’à partir du moment où les appels d’offres publics demandent la RSE, il va y avoir une démocratisation générale de la RSE à travers une majorité, si ce n’est toutes les entreprises, qui vont devoir à terme la mettre en place.

Mélanie Moretti : C’est ça. Pour certains qui répondent aux appels d’offres, vous avez déjà pu voir ces éléments-là, qui sont déjà demandés. Mais à partir du 21 août 2026, ce sera vraiment obligatoire de les demander, ce sera à intégrer, et il faudra apporter des précisions.

Des exemples d’actions concrètes

On vous propose de vous donner quelques exemples concrets d’actions RSE. Par exemple, pour la dimension sociale, comme on le disait tout à l’heure, la montée en compétences. Le social, ça peut être à la fois le social et le sociétal : le social concerne les salariés, et le sociétal concerne plutôt les parties prenantes.

Pour l’environnement : moins d’impression. Est-ce que vous faites moins d’impression ? Est-ce que vous réduisez les déplacements pour vos équipes ? La sobriété numérique ? Qu’est-ce que vous faites du tri des déchets ? Ce sont des exemples concrets, et on est sûrs que vous faites déjà tout ça. C’est une liste parmi une longue liste, mais c’est pour donner quelques exemples. Pour la gouvernance, l’économie : la charte. Est-ce que vous avez une charte éthique ? Il est probable que vous en ayez une. Vous faites des achats responsables ? D’accord, mais quels sont les achats responsables que vous faites ? Ce sont des éléments que je suis pratiquement sûre que vous pouvez prouver.

Concernant les parties prenantes, on est sur diverses parties prenantes : les apprenants, les clients, les financeurs. Il s’agit de s’interroger : quelle influence j’ai sur les parties prenantes, et quelle influence ont les parties prenantes sur mon activité, sur ma structure de formation ? C’est ça qu’il faut se poser comme question, c’est ça qu’on vient interroger dans une démarche RSE.

Jonathan Minakian : Juste histoire d’en rire à 9 h 30 : « moins d’impression », ce n’est pas les impressions sur les posts LinkedIn, TikTok ou Instagram, hein. On est d’accord, Mélanie ?

Mélanie Moretti : Oui, oui, on est d’accord, on parle bien de l’impression papier. En tout cas, voilà ce qu’on peut vous donner comme précisions en exemples concrets. Peut-être que de votre côté, vous avez déjà des exemples, vous pensez à des choses que vous faites. Vous faites déjà des choses.

Ce que la RSE n’est pas

Ce que la RSE n’est pas : non, vous n’allez pas produire 150 pages de procédures ou un support de 150 pages. Non, vous n’allez pas devenir une multinationale. Non, vous n’allez pas tout changer du jour au lendemain, notamment quand vous avez des salariés. On a vu qu’il y avait des structures de plus de 20 salariés : ça ne se met pas en place du jour au lendemain, c’est une démarche.

La RSE, ce n’est pas un rapport vide. On met d’abord en place la démarche, et après on s’interroge : comment je fais pour en parler, qu’est-ce que j’utilise ? On peut éventuellement rédiger un rapport. La RSE, ce n’est pas non plus du greenwashing. On ne fait pas de communication qui peut venir tromper ou être trop généraliste. Par exemple, un organisme de formation qui dit « on met la priorité sur le bien-être au travail » : ce n’est pas suffisant. Il faut donner des précisions. Qu’est-ce que vous faites vraiment, de votre côté, pour pouvoir indiquer que le bien-être au travail est une priorité pour vous ?

De même, ce n’est pas une couche en plus : on va vraiment sur votre activité et vos enjeux. Chaque structure de formation qui mettra en place la RSE aura une démarche différente. C’est différent d’une structure à l’autre, d’un indépendant à l’autre.

La RSE pour les indépendants et pour les structures plus grandes

Tout à l’heure, on a vu qu’il y avait pas mal d’indépendants qui sont intéressés ou qui s’interrogent. Les indépendants aussi sont concernés. Pourquoi ? Parce qu’ils ont des clients, que des indépendants peuvent se mettre à plusieurs pour répondre à des appels d’offres publics et seront concernés par ces réponses-là, et que les donneurs d’ordre peuvent leur demander quelle est leur démarche RSE. L’idée, c’est vraiment d’être prêt pour pouvoir répondre à tous ces mouvements-là. Et on a vu aussi qu’on avait des sociétés de grande taille ou de taille moyenne.

Jonathan Minakian : J’ai une question que peut-être beaucoup se posent : aujourd’hui, la démarche RSE est-elle simplifiée pour un indépendant, ou est-elle plus compliquée pour une société de taille évidemment plus importante ?

Mélanie Moretti : La RSE, pour un indépendant, bien sûr, ce sera plus rapide et plus facile à mettre en place. Vous avez vu les trois dimensions tout à l’heure : on les aborde malgré tout toutes les trois, même pour un indépendant, mais c’est plus rapide. Pour une structure plus importante, ce sera un peu plus long à mettre en place. Je vous dirais que ce n’est pas compliqué, mais ça prendra plus de temps, parce que vous allez devoir faire des réunions d’équipe, vous allez engager les salariés, par exemple.

Quand on a des salariés dans un organisme de formation plus grand, on parle plutôt d’un projet commun. L’idée, c’est d’embarquer avec vous les parties prenantes, notamment les salariés. Quand vous avez des salariés, c’est une démarche très importante à prendre en compte. Embarquez vos équipes avec vous pour que la machine se mette en place. Ne soyez pas tout seul de votre côté, c’est important.

Et aussi, on entend tout le temps : « Oui, mais je n’ai pas de responsable RSE, je n’ai pas de personne dédiée. » Non, la RSE ne se fait pas tout seul dans son coin. Tout le monde est concerné par la RSE, que ce soit l’administratif, la direction ou les formateurs : on embarque tout le monde. On ne se dit pas « il faut que je crée un nouveau service ». Il faut juste, je dirais, un chef d’orchestre pour pouvoir dynamiser. Ce n’est pas une personne qui porte la RSE, c’est l’entreprise, c’est tout le monde qui la porte.

Ce que la RSE peut changer : commercial et ressources humaines

Ce que ça peut changer pour vous, comme on le disait tout à l’heure, c’est d’abord le côté commercial : vous pouvez vous différencier, rassurer des prospects, répondre à des appels d’offres. Côté RH, c’est ce qu’on expliquait : dynamiser en interne, c’est très important, mais également attirer de nouveaux talents. Aujourd’hui, l’observatoire des métiers met en lumière que ce n’est pas facile de recruter des formateurs : il y en a de moins en moins, ou en tout cas, par rapport aux compétences, ce n’est pas évident. L’idée, c’est vraiment d’apporter ce point complémentaire pour les recrutements : « Nous, on est dans une démarche RSE, voici ce que l’on fait. » Ça peut vous différencier, et fidéliser les salariés que vous avez déjà dans l’entreprise.

Jonathan Minakian : Si je peux me permettre, sur le commercial, se différencier : faites-le avant que tout le monde le fasse. Ce sera le seul moyen de se différencier, parce que très clairement, je pense qu’on va assister à une vague d’entreprises qui vont se mettre à la RSE pour ajouter cette démarche à leurs différentes qualités déjà présentes. Et quand tout le monde l’aura fait, il n’y aura pas une grande différence. En revanche, si vous vous y prenez de bonne heure, ce sera plus simple.

Mélanie Moretti : Oui, c’est ça. C’est ce qui va vous permettre de vous différencier, d’apporter cette valeur complémentaire.

Comment démarrer : le sens d’abord, le plan d’action ensuite

Comment ça se traduit ? La RSE n’est pas un projet de plus, c’est une nouvelle manière de regarder ce que vous faites déjà. Avant de construire un plan d’action, vous allez d’abord vous interroger et comprendre votre organisation. Qu’est-ce que vous faites dans votre organisation ? Vous prenez du recul : on descend du vélo, on regarde son organisation, on regarde un peu son activité. Ensuite, on va identifier ses parties prenantes, comme on l’indiquait tout à l’heure : toutes les parties prenantes avec lesquelles l’organisme de formation est en interaction. Puis identifier ce que vous faites déjà, et prioriser.

L’idée, c’est vraiment de prendre le temps. Il ne faut pas partir tête baissée. Beaucoup disent : « Oui, mais moi, je ne sais pas par où commencer ni quoi faire. » Prenez ce temps-là, posez-vous ces questions : qu’est-ce que je fais déjà ? Quelles sont mes parties prenantes ? Quelle est mon activité ? Et interrogez-vous sur la pérennité de votre entreprise. C’est très important, parce que ça peut aussi vous donner derrière des axes, une orientation, ou vous amener vers d’autres projets. Donc le sens d’abord, le plan d’action ensuite.

On ne met pas en place la RSE pour faire plaisir à un référentiel, ce n’est pas ça. On la met en place pour donner du sens à son activité, pour valoriser ses engagements et pour préparer son organisation, sa structure. Ça doit venir en adéquation avec les valeurs de son entreprise.

Jonathan Minakian : Mélanie, si je dois résumer finalement ton propos d’aujourd’hui : la RSE, ça sert à mieux agir, à pouvoir le prouver et à transformer ses engagements en avantages concrets.

Mélanie Moretti : C’est ça. Il faut pouvoir prouver ce que vous faites. Si vous le faites déjà, il faut venir structurer, pouvoir le présenter et dire : « Concrètement, voilà ce qu’on fait. » La RSE, ce n’est pas un rapport. Ne vous focalisez pas sur un rapport ou sur le reporting : commencez d’abord par donner du sens. Le vrai point de départ, c’est que quand le pourquoi est clair, le comment devient beaucoup plus simple.

Jonathan Minakian : Et si je dois ajouter : nous, Docteur Certif, on est très spécialisés sur les organismes de formation. Pour les organismes de formation, Qualiopi nous aide à prouver la qualité de nos processus, et la RSE vient nous aider à devenir encore plus crédibles, plus attractifs et plus différenciants par rapport à ceux qui ont déjà Qualiopi mais qui n’ont pas encore la RSE. Un chiffre : on est entre organismes de formation certifiés Qualiopi, et très peu d’entre eux sont RSE, ou en tout cas commencent à s’y mettre aujourd’hui, parce qu’ils ont bien compris la valeur de cette démarche RSE, ne serait-ce qu’au niveau des OPCO, et puis la valeur interne à l’entreprise.

Mélanie Moretti : Des organismes de formation se sont déjà lancés dans les démarches. C’est le moment. Et j’ai échangé la semaine dernière, notamment, avec un indépendant qui répondait à deux appels d’offres publics avec un autre indépendant, et justement, cette question-là s’est posée. Il me disait : « On m’a posé cette question par rapport à la RSE, comment on fait maintenant ? » On lui a demandé des éléments très précis. Et sa question, ça a été : « Comment je fais pour me préparer ? Parce que je sens qu’il va y avoir quelque chose qui peut demander une formalité, des supports de preuve, mais je ne sais pas trop comment m’y prendre. »

Questions des participants : VSME, sociétés à mission et labels

Est-ce que vous avez des questions ? Je vois une personne qui note quelque chose concernant la VSME. La VSME concerne souvent les grosses structures ; beaucoup ne sont pas concernés par la VSME. Mais merci en tout cas pour ce complément d’information.

Jonathan Minakian : Oui, merci. Si vous avez des questions, c’est vraiment le moment. On est là pour y répondre — enfin, surtout Mélanie. Si vous avez des questions, c’est vraiment le bon moment.

Mélanie Moretti : Oui, les sociétés à mission. Il y en a de plus en plus, ça commence à se développer. Pour vous l’expliquer avec des mots simples, une société à mission, c’est inscrire dans le marbre de son entreprise, dans les statuts de la société, votre engagement : ce que fait votre structure, à quoi elle s’engage. Quand un organisme de formation veut s’engager dans une démarche RSE, c’est possible de commencer par la société à mission. Mais je pense qu’il peut y avoir plus simple pour démarrer. Vous pouvez commencer plus simple, et après, pourquoi pas, mettre ce cadre-là à un moment donné pour l’inscrire dans vos statuts.

Concernant les labels : le label n’est pas obligatoire. En tout cas pas aujourd’hui, au 22 juillet, 10 h 04, ce n’est pas obligatoire, ce n’est pas demandé. Mais comme les choses évoluent assez rapidement… Aujourd’hui, ce qu’on va vous demander, c’est votre engagement dans une démarche RSE, en tout cas pour les appels d’offres publics et/ou privés. Et ensuite, pour vous différencier auprès de vos parties prenantes, pourquoi pas, une fois que vous aurez éventuellement votre rapport d’engagement, le mettre à disposition sur internet, le partager avec les clients, avec les financeurs, éventuellement avec des apprenants. Ce sont des choses que vous pouvez partager.

Attention à ne pas faire de greenwashing, j’insiste : faites très, très attention à ça. Mais voilà, le label n’est pas obligatoire aujourd’hui. Certains sont un peu en panique par rapport à ça, en tout cas ceux avec qui j’ai déjà pu discuter : il n’y a pas d’obligation attendue en ce sens, pas aujourd’hui en tout cas.

Jonathan Minakian : Est-ce que vous avez d’autres questions, auxquelles on se ferait un plaisir de répondre ? Est-ce qu’on peut vous renseigner ?

Le greenwashing et la preuve par les indicateurs

Mélanie Moretti : Le greenwashing, comme je l’expliquais tout à l’heure, c’est faire une communication soit exagérée, soit trop générale. Par exemple, reprendre l’exemple des salariés : « Nos structures sont engagées, le bien-être de nos salariés est une priorité. » Ce n’est pas suffisant, il faut apporter une preuve : qu’est-ce que vous mettez en place ? Un autre exemple : « Nous sommes engagés pour l’environnement », « 100 % responsable ». D’accord, ça peut s’entendre, mais ce n’est pas suffisant. 100 % responsable : qu’est-ce que vous faites vraiment ? Quels sont les indicateurs ?

Beaucoup d’organismes de formation sont dans la démarche Qualiopi, ou connaissent en tout cas Qualiopi. La RSE, c’est être dans l’amélioration continue de sa structure, et cette démarche-là, vous la connaissez déjà avec Qualiopi.

Jonathan Minakian : En gros : un mot, une preuve.

Mélanie Moretti : Exactement. Il faut apporter une preuve, comme pour Qualiopi. Je dis ce que je fais, je le montre et j’apporte la preuve. J’explique, je donne des indicateurs. Et l’idée, c’est que la RSE vit, comme Qualiopi : elle vit, et vous la mettez à jour une fois par an, enfin, c’est vous qui voyez, et vous la diffusez. C’est aussi être transparent par rapport à l’année dernière : voilà ce qu’on avait engagé, voilà ce qu’on s’était dit. Sur notre niveau de maturité, on en est là, on a augmenté de points. En revanche, sur tel indicateur ou sur tel pilier, on a baissé de points, parce que voilà ce qu’on a fait, et voilà ce qu’on devrait faire pour atteindre l’objectif qu’on s’était fixé l’année dernière. C’est ça, la RSE : je suis transparent, et je viens donner des précisions, des preuves, des indicateurs.

Jonathan Minakian : On a encore une certaine liberté avec la RSE, qui nous permet de faire au mieux, sans un cadre extrêmement strict pour le moment. Il faut évidemment la faire évoluer dans le bon sens de la démarche RSE, mais aujourd’hui, on n’a pas de critères ni d’indicateurs qu’on soit obligés de démontrer. Mélanie ?

Mélanie Moretti : Exactement. Aujourd’hui, c’est vous qui choisissez. Vous avez les trois piliers : on doit aborder ces trois piliers-là. Et après, c’est à vous de voir, dans votre entreprise, par quoi vous êtes concerné et quelle est votre priorité. Vous allez dire : « Voilà notre priorité, voilà nos indicateurs concernant cette priorité, voilà ce qu’on met en place. » Aujourd’hui, il n’y a pas d’attendu strict, comme tu l’indiques, en tout cas pas comme pour Qualiopi. Vous êtes libres de mettre en place votre démarche. Il y a des supports sur lesquels vous pouvez vous appuyer, notamment l’ISO 26000, qui peut apporter un cadre à la démarche.

Jonathan Minakian : Exactement. Merci à une participante pour ce message, parce qu’en effet, vous allez apporter votre touche, votre connaissance de votre entreprise et de ce qu’elle peut concrètement apporter dans sa responsabilité sociétale et environnementale, à travers son activité, à travers ses clients, avec encore la liberté qu’on nous accorde de le faire de la façon dont on le veut. Mais attention : connaissant toutes ces directives, il risque d’y avoir un tournant plus tard, où ce sera beaucoup plus strict. C’est donc bien de se mettre à la RSE maintenant, parce que ça va nous permettre, je pense, d’appréhender des obligations et des critères beaucoup plus stricts plus tard.

Mélanie Moretti : En tout cas, vous serez prêts : les structures qui mettent la machine en route maintenant seront prêtes pour présenter leur démarche. Quand vous êtes en relation avec une partie prenante, dire « je suis dans un engagement RSE », c’est basique. Apporter la preuve en disant « voilà tout ce que je mets en place, tout ce qui est fait, mes indicateurs, et cetera », ça a un autre poids.

Et l’idée de la RSE, ce n’est pas que tout soit lisse, tout beau. Ce n’est pas ça, la RSE. C’est : je suis transparent, je regarde ce que je fais et comment je peux m’améliorer, et je fixe mes objectifs d’amélioration. Qu’est-ce que je prévois pour m’améliorer ? Et à un moment donné, par rapport aux objectifs que je m’étais donnés, est-ce que je les ai atteints ou pas ? C’est ça, la RSE. Ce n’est pas être tout beau, tout lisse : on est transparent, on regarde ce qu’on fait et on se pose la question de comment s’améliorer. D’autres questions, peut-être ?

Formation ou accompagnement ?

Question d’un participant : Proposez-vous des formations pour accompagner les auto-entrepreneurs à réaliser la démarche RSE, qui soient prises en charge par le CPF ?

Jonathan Minakian : Non, on ne le fait pas. En revanche, ce qu’on met en place, c’est un accompagnement, dont Mélanie s’occupe.

Intervenant : C’est comme dans le cadre d’un accompagnement Qualiopi : on ne vient pas former à la démarche RSE, on vient vous accompagner à la mettre en place dans votre entreprise, avec vous, à mettre en place les bons indicateurs qui vous correspondent, tout ce qu’on a pu voir ensemble durant le webinaire. On ne forme pas : on vient accompagner les dirigeants, ou même les salariés, à mettre en place la RSE chez eux. Ce n’est pas une formation, ce sont des accompagnements. On fait des accompagnements qui sont inclus avec nos accompagnements Qualiopi, et on fait aussi des accompagnements uniquement RSE.

Prochain webinaire et derniers échanges

Mélanie Moretti : Avez-vous d’autres questions ? C’est bon pour vous ? N’hésitez pas : si à un moment donné vous avez d’autres questions, revenez vers nous.

Intervenant : Très bien. Si vous êtes prêts à clarifier le sens de votre démarche RSE, suite à la dernière question posée par une participante, vous pouvez demander un échange pour identifier vos enjeux, vos engagements déjà existants et votre meilleur point de départ, puisqu’on l’a vu ensemble : vous êtes déjà dans une démarche RSE. Si vous voulez être recontacté, vous avez un bouton qui s’affiche en bas de votre écran ; si vous cliquez dessus, on pourra revenir vers vous pour vous aider.

On a un deuxième webinaire concernant la RSE, qui aura lieu le 14 octobre, si je ne fais pas d’erreur. En tout cas, vous en serez prévenus par Webikeo et par mail. Là, on n’abordera plus le sens de la démarche RSE comme on a pu le faire aujourd’hui : on abordera des enjeux plus concrets, on entrera dans les précisions. Pour celles et ceux qui veulent nous retrouver, ce sera le 14 octobre, je crois le matin aussi, vers. N’hésitez pas à donner une note à ce webinaire et, si vous le pouvez, à répondre à cette question : est-ce que ces explications étaient assez claires pour vous aujourd’hui ?

Question d’un participant : Je suis sidéré, alors qu’il n’y a quasi aucun contrôle de la qualité des formations.

Jonathan Minakian : Ah ça, je comprends. Ce n’est pas vraiment une usine à gaz : si vous vous attachez nos services, par exemple, c’est loin de l’être, parce qu’on a vu qu’il y a quand même une certaine liberté. Et pour répondre sur la qualité des formations et des formateurs, qui n’est pas contrôlée par l’État dans un certain sens : elle l’est à travers le NDA, Qualiopi, et cetera. On peut toujours en faire plus, en tout cas vous n’avez pas tort. Mais sur la démarche RSE, c’est loin d’être compliqué.

Intervenant : Simplement, on a pu le voir durant le déroulé du webinaire : que ce soit commercialement, pour attirer des talents ou fidéliser vos collaborateurs, pour répondre aux appels d’offres, ou pour votre propre organisation interne, et pour voir peut-être le futur de votre entreprise par le prisme de la responsabilité sociétale et environnementale. Voilà, au quotidien, certains objectifs, liste non exhaustive.

Jonathan Minakian : Merci à une participante d’avoir été présente et probablement d’avoir apprécié. Super ! N’oubliez pas de noter. N’oubliez pas que vous pouvez nous recontacter en cliquant sur le bouton en bas de votre écran si vous souhaitez être contacté. On est à votre disposition.

Question d’un participant : À mon sens, et bien que toutes ces normes représentent une vraie charge au quotidien, l’intérêt porte aussi sur la structuration de procédures internes.

Jonathan Minakian : Absolument. Vous avez fait un beau petit résumé avec cette petite phrase, merci. Exactement, c’est ça. Merci à tous les participants, merci à toutes et à tous pour votre présence aujourd’hui. C’était super. Merci beaucoup, au revoir.

Jonathan Minakian

Rédigé par

Jonathan Minakian

Jonathan Minakian est le fondateur de Docteur Certif, il accompagne les organismes de formation et les CFA vers la certification Qualiopi, l'ISO 9001 et le référencement CPF, avec un engagement certifié ou remboursé.

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